Ibid., § 18, p
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
L'erreur fondamentale de la théorie saute ici aux yeux, puisque dans les conditions définies par Leibnitz Tinten^ site de la pesanteur en un lieu devrait croître avec le carré de sa distance au centre de la terre, tandis que c'est précisément l'inverse qui est vrai : mais, outre qu'elle était une tentative digne de remarque pour donner une explication cinétique de la gravitation, elle avait le mérite d'expliquer l'attraction des graves vers le centre de la terre, par opposition à la théorie de Descartes qui n'y avait point réussi, et d'expliquer en outre « incremenlum impelus ob novam ubique inter descendendum in qualibct aelheris liberi aut libérions, quam rei illius ratio ferl, parte impressionem » *. Rien n'était plus simple ensuite que de déduire de là soit (( caetera mechanica ac statica phaenomena communi more modoque », soit les différents poids des corps à proportion de la quantité d'éther qu'ils contiennent, et par suite tous les phénomènes hydrostatiques 2 et aérostatiques 3.
En résumé, la cause générale de la pesanteur des corps est donc dans l'effort de l'éther pour rétablir l'égalité de son mouvement (motus aequabilitatem) *, troublée par la présence de ces corps hétérogènes ; car lorsqu'il les frappe sans réussir en les frappant à en disperser les parties et à leur donner peu à peu une subtilité égale à la sienne, le seul moyen qu'il ait de rétablir l'égalité de son mouvement est de les rejeter vers le centre de la terre : « nam aelher circulatione sua res justo densiores aul dispergit, nul cum non potest, deprimit : ex hoc oritur gravitas ^ » ;