‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 236 sur 319 · Cf. ibid., I, T · texte numérisé non relu

Cf. ibid., I, T

HANMEQUIN. II. " 9

ÉTUDES D*HISTOinE DE LA PlilLOSOIMIir.

déterminer sinon loutes les espèces, indéfinies en nombre *, des bulles existantes, du moins leurs classes et leurs genres, qu*à marquer les degrés principaux exhaustionis constipationisque, de leur débilité et de leur fermeté, de leur grandeur et de leur petitesse, et Leibnilz l'a tenté dans un tableau annexé au paragraphe 51 de la Theoria mnlus

concreti.

En déduisant du mouvement de Téther, sous la supposition d'ailleurs gratuite du mouvement du soleil et du mouvement de la terre, qui donne à l'un et à l'autre une cohésion primitive de degré défini, la gravité et l'élasticité, Leibnitz a donc tenu sa promesse de faire dériver l'une cl l'autre « caetera non naturae minus quam artis machinamenla ». L'hypothèse physique qu'il avait conçue lui permettait donc non seulement « varias aliorum hypothèses jungere inler se et conciliare ; ubi defîciunt supplere : ubi subsislunt provehere ; ubi obscurae sunt et if Jr, toi, cxplicarc atque intelligibiles reddere* », mais encore de déduire, comme il l'avait promis, des lois du mouvement absirail, appliquées dans toute leur intégrité aux mouvements de Féther, les lois des mouvements concrets qui, au premier abord, semblent en différer, mais qui y trouvent pourtant leurs fondements et leurs principes, en un mot tous les phénomènes de notre monde sensible, tels qu'ils apparaissent à l'observation et à l'expérience (experienti et ratiocinanti). Et il n'est pas douteux que dans son esprit une telle hypothèse, « hypothesis nostra », dit-il, est « paulo plus

1. « Etsi enim possinl in subfililale et virtutc dnri graduiim progressus in infinilum, dantur tamen summi gradus sensibiles, ila ut quod ultra est, ne virtute quidem, nedum forma sensibili ad nos perlingat ; in hoc ergo limite Philosophe pariter atque Empirico subsistendum. » § 60, p. 218.

2. P. 219. Leibnitz n'a en effet négligé aucune occasion de discuter, puis d'éclaicir, de compléter ou de remplacer les hypothèses d'Arislote sur le mouvement du ciel, sur le plein, sur les éléments et sur les formes substantielles (§ 56), de Digby sur le rare et le dense (§ 56), de Boy le sur l'élasticilé (§ 57), de Descartos cl Gassendi sur les éléments primitifs (§ 50), des chimistes anciens sur les principes des réactions et des fermentations (§§ 35, 45, 50, 60) de Willisius et de Lowerus sur le mouvement des muscles (57), etc..

LA PREMIÈRE PmLOSOPHIE DE LEIBNITZ.

aliquid quam hypothesis ^ bien qu'il ait formellement déclaré qu'elle n'était à s£S yeux qu'une fiction cl qauii « imaginationis adjumentum », suffisant à rendre compte des phénomènes en les faisant partir d'un commencement tel qu'il aurait pu êlrc, mais tel qu'il n'est point nécessaire qu'il ait été 2. Le mérite d'une telle hypothèse est en tout cas de montrer la nécessité d'une organisation primitive et d'une économie persistante du monde si l'on veut réussir à rattacher l'ensemble des phénomènes concrets ou du monde sensible aux lois rationnelles du mouvement abstrait ; et qu'on y réussisse par une voie ou par l'autre, peu importe au fond, pourvu que le succès, fût-il seulement relatif, d'une hypothèse compréhensive rende à la science le service de coordonner et de rendre intelligibles les phénomènes, et pourvu qu'elle prouve tout au moins la nécessité et la possibilité d'en faire une 3. Or, à y bien regarder, cette preuve 'porte avec elle un double enseignement : l'urgence d'expliquer mécaniquement tous les phénomènes de la nature, si on veut les rendre intelligibles, et l'insuffisance du mécanisme pur ou des lois abstraites du mouvement à en rendre raison, dès lors qu'elles devraient rendre compte de toutes les différences et de toutes les qualités dans le monde sensible, et dès lors qu'elles exigent une première différence ou une-première hétérogénéité qu'elles ne peuvent exi)liquor, i>uisqu'eH,cs la supposent.

Telle est, dans l'hypothèse de Leibnitz, la première différence de la cohésion du soleil et de la terre, par rapport à la fluidité de l'élher qui remplit tout l'espace intermédiaire: cohésion qu'il dérive sans doute d'un mouvement de rotalion autour de leurs axes ; mais qui a engendré ce mouvement de rotation, sinon Dieu qui l'a établi ainsi que les mouvements internes et projectifs du soleil comme le prc-

1. 55 46, 202. V. aussi Gerh., Phil, I, 77 : « Ut videatur eliam nonnullis aliquid lïypothesi certius. »

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