V. Lasswilz. Gesch. d. Atom. II
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBMTZ
tous les phénomènes de la nature, de n'avoir pas songé que pour en faire, comme il l'écrira un peu plus lard à Claude Perrault, « res calculi et geometriaei », il était nécessaire de les déduire, par une analyse rigoureuse, de certains liiéorèmes. Or, de tels théorèmes et de telles déductions, on ne trouve nulle trace là même où ils eussent été le plus nécessaires, à savoir dans le développement de la théorie des bulles et dans l'établissement de leurs propriétés ; et Leibnitz se contente de les rattacher par des liens trop lâches et nullement géométrique's aux lois abstraites du mouvement et satisfait ainsi aux apparences sensibles plutôt qu'aux exigences de cette Phoronomia elementalis dont il avait pourtant une notion si juste.
En cela il ne faisait, d'ailleurs, que suivre les errements de ceux qui, dans ce même xvii* siècle, avaient conçu comme lui le projet d'une synthèse mathématique de tous les phénomènes de la nature ; et de lui on pourrait dire ce qu'il avait un jour écrit de Descaries dans une lettre à Thomasius : « In Cartesio ejus methodi tantum proposilum leneo ; nam cum in rem praesentem ventum est, ab illa severilate prorsus remisit, et ad hypothèses quasdam miras ex abrupto delapsus est 2. »
Quant à ses modèles, si, sur plus d'un point, l'Hypothèse physique fait songer à Descartes, lorsque notamment il élève l'action de la lumière au premier rang parmi les phénomènes de la nature et lorsqu'il fait de l'Optique comme le centre et le foyer de toute la Physique, il faut bien avouer que sur tout le reste, et notamment dans la théorie des bulles qu'il substitue aux éléments cartésiens du premier et surtout du second élément 3, il le combat plutôt qu'il ne le suit, et qu'avant tous les autres il s'inspire de Hobbes. Témoin le rôle capital qu'il fait jouer ;i ia gyration de l'éther, dont il remplit, comme Hobbes, tous