‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 24 sur 319 · Renan, Marc-Aurtle, p · texte numérisé non relu

Renan, Marc-Aurtle, p

ARTHUR IIAXXEQUIN ET SON OEUVRE

l'elïort curieux et presque tragique que fait, depuis queK ques années, la croyance chrétienne, en France et ailleurs, pour s'arracher au poids lourd des philosophies désuètes et des sciences périmées, pour se renouveler, s'adapter, se penser en fonction de la pensée contemporaine. Une de ces philosophies religieuses, trop rares chez nous et qu'il appelait de ses vœux, semble avoir trouvé enfin dans YAction un point de jonction entre la Science et la Croyance. Elle ne prétend à rien moins qu'à reprendre tout le problème de Kant : chercher « la relation du connaître, du faire et de l'être 1 » ; et à le résoudre, non pas du tout en dehors de l'esprit du criticisme, mais dans une nouvelle et plus intégrale critique, « une critique de la vie ». Hannequin s'intéressait à cette tentative hardie, et à la fois s'en méfiait un peu ; des formules riches^ subtiles, fuyantes, inquiétaient son intellectualisme à lui, robuste et hmpide. « La vie de l'esprit solidaire de la \ie de l'être u^ ou encore « l'équation de la connaissance et de l'existence », voilà qui est juste et profond, disait-il. Mais il faut veiller de près aux développements dune dialectique vraiment aussi délicate qui évolue tout entière dans l'ombre, et qui mènerait vile chacun où il veut aller. Nos idées, pour une part, sont des extraits de nos sentiments, de nos tendances, de nos décisions, c'est entendu : la connaissance, avant de retourner à l'action, en dérive d'abord. Nous sommes nos idées. Échos fidèles, elles nous renvoient le son de notre vie telle que nous la vivons ; elles épellent tout haut, comme on l'écrivait récemment, « lettre par lettre le livre de vie qui s'écrit en nous ». Ce qu'on vit a pour celui qui le vit une valeur intérieure que nul ne peut apprécier ni contester justement du dehors. Evidemment ; et une foi n'aura jamais de plus solide argument ni de plus*^ mimédiat à faire valoir. Seulement, semble-t-il, il y a un point faible. C'est que, malgré qu'on en ait, on ne peut pourtant pas vivre toutes les vies, faire toutes les expériences ni surtout des expériences contradictoires; c'est que l'expérience unique qu'on invoque, ceux-là contre qui on l'invoque

TT^'Lu f '?* ""^ ^^ ^^^""'^ ^' ^« demander si elle n'a pas, dès le début, été <. pipée ». Les croyants de toutes les fois] et aussi bien les incroyants de toute foi ne pourront-ils pas se réclamer, avec une égale autorité, d'expériences pratiques de môme ordre et de valeur pareille ? f 4 ^s

Ce qu'il y au fond de tout cela, dans le problème dea

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