Gerh., PhiL, VII. a. Phoranomus. Arcliiv. I, p
DoU.
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBMTZ
valrice de soi, fût en même temps préservatrice du mouvement ; et il fallait pour cela qu'elle s'affranchît ellemême non seulement de l'extension, mais de toute géométrie, pour affranchir le monde d'un anéantissement qui devrait suivre de lois purement géoinélriques.
Comme il le remarquera plus tard dans une lettre à des Bosses, réaliser l'esprit dans un point mathématique, c'est accomplir « quamdam, ut sic dicam, {jiETà^aaiv tLç &Ho Y^voç ^ » ; c'est dériver « sumerc » leur unité « ex praedicamento quantilalis », alors qu'il faut la dériver « ex praedicamenlo substantiae », c'est-à-dire « ex vi quadam primitiva operandi ». Et bien qu'il soit encore assurément éloigné, à l'époque de VHypolhesis, de cette vue précise qui lui fera placer résolument l'opération de l'àme dans la perception et son unité « in perceptionum nexu », « secundum quem sequentes ex praecedentibus derivanlur », on peut dire cependant qu'il incline déjà vers une telle doctrine. C'est, en effet, l'essence de la mémoire non seulement de faire de conatus multiples une harmonie présente, mais de préparcr sans cesse «conatum mentis pra^scnlem ex compositione harmoniarum praecedentium in unam novam » », en sorte qu'elle n'est « sensus vel cogitatio » qu'autant qu'elle est d'une part, pour dire d'elle ce qu'il dira plus tard de la perception, « multorum in uno expressio », et qu'elle enveloppe d'autre part « volunlatem quamdam seu conatum agendi 3 ».
Si telle est, à ses yeux, dès la lettre à Arnauld, la nature de l'esprit, on pourrait s'étonner qu'il n'ait point du même coup senti l'insufUsance du point mathématique à en être l'expression adéquate et réelle. Au point mathématique ce qui ne saurait appartenir, c'est cette multitude qu'enveloppe toute pensée et c'est encore bien moins celle tendance qui fait de l'àme la source de toute action ; avec l'esprit il n'offre qu'une analogie, celle d'être comme lui