‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 268 sur 319 · Tôniiies' p · texte numérisé non relu

Tôniiies' p

LTUDES D HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

géométrique de ses lois du mouvement, attribue au contraire à la géométrie le pouvoir d'expliquer la nature de l'àme. Il en fait, à la lettre, un point géométrique, comme si, pour l'esprit, échapper à toute extension, ce n'était point, tant s'en faut, échapper à l'espace ; en sorte que, d'autre part, en dépit des tendances contraires que nous avons signalées, toute la différence comme toutes les relations du sentiment et du mouvement, du monde des esprili» et du monde des corps, se réduiraient à celles de rinfiniment petit et des grandeurs finies. L'abus de la géométrie dans l'établissement des lois du mouvement conduit donc Leibnitz à un abus du môme genre dans Téclaircissement de la nature de l'âme.

Cependant, une remarque importante de Leibnitz eût dû le mettre en garde contre ces conséquences. S'il n'y avait dans le conatus que ce qui y relève de la géométrie, il est certain que la composition des mouvements se réglerait rigoureusement d'après les lois de l'addition et de la soustraction, d'où il suit que le mouvement et les conatus euxmêmes seraient peu à peu conduits à l'anéantissement i. Comment dès lors dans leur ensemble le monde des esprits et le monde des corps resteraient-ils d'accord, si la loi de la conscience exige que subsistent dans l'harmonie présente non seulement toute la suite des harmonies passées, mais en celles-ci et jusqu'au dernier tous les conatus, non susceptibles d'oubli, qui les constituent? A l'anéantissement du mouvement, nous savons que Leibnitz prétendait obvier non seulement par un recours à l'esprit, maïs par une correction géométrique, en supposant que dans le plem tout conatus rencontre un nombre, voire un nombre infini de conatus qui assurent le rapport des modification» du corps et de la vie de l'àme. Mais la géométrie ne saurait seule sauver un monde géométrique de l'anéantissement final de tous les conatus, qui suit de leurs rencontres et de leur composition. Il fallait donc que l'âme, préser-

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