‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 64 sur 319 · De Corpore, II, ix · texte numérisé non relu

De Corpore, II, ix

LA philosophie DE HOBBES.

d'une manière non équivoque que l'effet dépend des corps, non en tant qu'ils sont des corps, mais en tant qu'ils sont qualifiés par leurs accidents divers ; « Ignis non ideo calefacit quia corpus est, sed quia calidum ; nec corpus unum aliud pellit quia corpus est, sed quia movetur in ejus locum *. » Or si la qualité n'est qu'une forme du mouvement, n'est-il pas vrai qu'elle n'est qualité que pour nous qui la pensons, et qu'ainsi elle n'a de réalité que dans la représentation, ne fût-elle d'ailleurs, ce qui est contestable, que le signe du mouvement qui la produit ? Ainsi les équivalents du mouvement, pour l'être qui pense, sont les accidents, et à l'évaluation des causes et des effets, qui se succèdent réellement, on peut substituer un calcul de leurs signes : additionner tous les accidents, c'est établir la nature de la cause ; quand l'addition est effectuée, la somme s'appelle l'effet 2.

La cause intégrale (causa intégra) est donc dans les accidents réunis de l'agent et du patient ; s'ils sont tous présents, l'effet est produit ; s'il en manque un seul, l'effet n'est pas produit. L'accident, soit de l'agent, soit du patient, sans lequel l'effet n'est pas produit, est appelé cause nécessaire ou sine qua non 3. La somme des accidents producteurs (ceux de l'agent) est appelée, mais seulement après la production de l'effet, causa efliciens ; la somme des accidents réunis de l'agent et du patient ; s'ils sont tous prépourvu toutefois que l'effet soit produit ; car là où il n'y a pas d'effet, il n'y a pas non plus de cause ; ce sont concepts corrélatifs ; la causa e{[iciens et la causa materialis sont donc les deux parties de la causa intégra *.

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