DEUXIÈME PARTIE PSYCHOLOGIE DE H0BBE
La connaissance de la na.ure de l'homme est nécessaire à ceux qui veulent entendre les principes de la Politique ' . PouTse taire une idée claire des éléments du DroU naturel et de la PolUÙ,ue, il est important de connaître la nature de f/iomme, de savoir ce que cest q-»» «°^P« Tom^ue et ce que c'est qu'une loi. Depuis Vant'«l»"*J"^ Z'I nous, les écrits multipliés qui ont paru sur ces objeU ïont fait qu'accroître les doutes et les disputes : ma. la véritable science ne devant produire ni doutes n. disputes Il est évident que ceux qui jusqu'ici ont raité de ces matières ne les ont point entendues. » (Nat. humame,
ch !•' 1, paee 195.)
D'ailleurs, si les hommes s'entendent si peu en matière d'éthique et de politique, c'est que leurs intérêts et leurs passions y sont beaucoup plus en jeu que dans les mathématiques par exemple ». ... ... j„ i.
On a vu plus haut comment l'éthique, qui précède la politique, se rattache à la mécanique et à la philosophie première : il n'y a que corps et mouvement dans le monde ; et tout, dans l'homme, comme dans 1 univers,
1 . La raison et la passion, les principaux ingrédients de la
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sera contraire à l'homme, l'homme sera contraire H la raison. Sature humaine, Epitre dédicatoire, p. 192.
s'explique par des mouvements visibles ou invisibles. Les facultés de Thomme ne sont que les résultats des mouvements imperceptibles de son organisme ; on en distingue généralement deux classes : les facultés du corps et les facultés de l'esprit *.
Physiologie de Vhomme. — Hobbes n'entre pas dans de grands détails sur la physiologie humaine ; il dit même dans le Traité de la Nature humaine qu'il n'est pas nécessaire à son objet d'entrer dans un détail anatomique et minutieux des facultés du corps. Relevons seulement les traits principaux. Les facultés du corps peuvent être réduites à trois : V la faculté motrice, 2« la faculté nutrilive et 3« la faculté générative (L 6. p. 196).
Le corps est animé d'un mouvement vital qui commence avec la génération et qui se distingue du mouvement animal, ou mouvement volontaire ; le mouvement vital se continue pendant toute la vie et se traduit par le mouvement du sang (Hobbes se rallia comme Descaries à la découverte de Harvey sur la circulation), par ceux du pouls, de la respiration, de la digestion, de la nutrition et de l'excrétion, qui n'ont pas besoin du secours de l'imagination.
Ce mouvement vital est réglé et mis en rapport avec les mouvements extérieurs par les esprits animaux qui circulent à travers les tubes nerveux (théorie analogue à celle de Descaries)».
ceL%?re^^ll^!TTfH'' composée des facultés du corps et de celle» ae i esprit, y, Titre du chap. i" de la Nature hiimninX r. los • La nature de l'homme est la*^ somme de s4%tcu"te MtiSeuS" tt^n '^""i,':!"'"'' '* "«"vement, la génfrali^t "e^Mmél lo raison, etc Nous nous accordons tous à nommer ces tacuH^i
t. De Corpore, IV, ch. xxv, § 10.
c.y2*'jÂ"^' 5 18 : « Le mouvement vital est le mouvement du TÂllr"^"^ P"' """'"y- «' '«« "«--'s disposent poïrTmieu" dVSvtcT?.l.r."' '°"'""'" ' '" P'- «'-<'« facilité'tK,Se
LA PHILOSOPHIE DE HOBBES
loi ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
Sans insister sur celle conséquence, il résulte suffisamment des idées générales exprimées jusqu'à présent par Hobbes que le corps humain, et en général le corps de* animaux, n'est pas autre chose qu'une admirable machnie, où les mouvements s'engendrent les uns les autres de telle manière qu'une harmonie parfaite s'établit tant entre eux qu'avec les mouvements du dehors. »
Nous aurons à revenir à l'occasion sur la physiologie particulière des organes des sens ^
Psychologie. — (La partie psychologique est traitée d'une manière spéciale par notre auteur à quatre reprises : r dans la 4* partie du De Corpore, ch. xxv. De sensione et motu animali ; 2^ dans un ouvrage intitulé De Homine, 2» section du P' volume de ses œuvres latines ; 3» dans la première partie du Léviaihan, également intitulée De Homine ; 4» enfin dans le Traité de la Nature humaine, traduit par d'Holbach.)
Les facultés de l'esprit, dit Hobbes dans le Traité de la Nature humaine, sont au nombre de deux : connaître^ et imaginer, ou concevoir et se mouvoir «. Si la volonté n'est pas spécialement indiquée dans cette classification, c'est qu'elle n'est qu'une suite, comme ce texte le laisse déjà soupçonner, des mouvements de la conception, ou sensation, et de V imagination.
C'est en effet de la sensation (sensio) que découlent toute» nos connaissances et môme tous nos actes; toutes nos pensées viennent des sens s, que chacune soit, d'ailleurs, tirée des sens entière ou par fragments, peu importe.
Or, de tous les phénomènes, le plus admirable est précisément le pouvoir de se représenter les phénomènes, c'est la représentation, c'est-à-dire la copie des phénomènes chez certains êtres privilégiés ; de telle sorte que, si les phénomènes sont les principes de la connaissance des