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Nature humaine, II, ch. x, pp

172 ÉTUDES d'histoire de la philosophie.

les objets extérieurs, c'est un « mouremen. centri-

'"cCst'pour eela que nous rapportons au monde extérieur rori L de nos sensations, ou. pour parler le langage de M Egger. que nous externons nos sensations La lumiire ^'son et .?sonl vus par l'esprit comme hors de l"'-m«me parce qu'iû sont des mouvements centrifuges du système

. Toîpourquoi l'objet est aperçu comme situé en dehors

"^MaTs! quiue toute « sensio » ait sa cause J^- 1-^- (ion du sujet, il n'est pas nécessaire, comme 1 ont cru cer ains philosophes, que tout ce qui réagit soit doué de sentirntfdans cette hypothèse, en elfet tout être serait un être sentant, tout être étant capable de réaction Réagr ne suffit pas, il faut, en outre, un prolongement de la réaction, même après que l'action a cessé ; et. tandis que la réaction cesse dans la plupart des êtres en même temps que l'action *. elle persiste après l'action chez l'être sentant sous la forme de l'imagination et de la mémoire ; sentir, en effet, c'est comparer les termes passés de la représentation aux termes présents, c'est en un sens sentir quon a senti, c'est se souvenir, et nous savons déjà que la mémoire (ou réaction prolongée) est la condition indispensable de la conscience.

1 . Sensio est ab organi sensorii conalu ad extra, qui generauir a conatarotct veLs interna e^uea'iquandiuman^ pe.

îme" . n'est qù°une portion du nerf optique, ce qu, ail que le m uv'emenltslVr ceLyen continu* i»u -^^^^-^.^'^ .»«,

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le son. » Nature humaine, II, pp. 198 sqq.

ï 2?.ffi& S:i Z dTioipVU. s-n était doué de mémoire comme il est doué de force, il serait un esprit.

LA PHILOSOPHIE DE HOBBES

Celle analyse permet de donner un sens précis aux termes employés par l'École : le suiet est le sentant ; Vobiet est le senti ; les qualilés sont les sensibles ou images du sujet sentant. L'image (phantasma) ou représentation est Vacte du sentant, et ne diffère pas de la « sensio » autrement que le « [ieri » du « (actum esse » *.

Ailleurs, Hobbes proclame l'identité du « phantasma » et de la « sensio », sans même faire la distinction du « [ieri » et du « {actum esse ».

L'étude de la vision devait conduire Berkeley à des conclusions idéalistes ; l'étude de la perception, en général, conduit Hobbes à des affirmations très précises dans le môme sens, qui ont la plus haute importance, et qui, si on les rapproche de celles que nous avons fait ressortir déjà de l'exposition de sa philosophie première, sont de nature à jeter un jour tout nouveau sur la philosophie de notre auteur.

Ramener, en effet, toutes les formes diverses des agents physiques à la forme unique du mouvement, et toutes les actions organiques des divers organes sensoriels à l'action uniforme du système nerveux, puis prétendre trouver la perception non dans l'impression directe des objets sur l'esprit, mais dans la réaction du cerveau et du centre conscient sur les objets du dehors, c'était : 1° entrevoir la haute portée des explications mécanisles de l'univers ; 2? chercher dans la diversité des dispositions du système nerveux et de la réaction des centres une cause de la diversité des sensations, comme devaient le faire les physiologistes modernes après Johann Mûller ; 3° enfin, c'est reconnaître l'action prépondérante de la conscience sur la nature de nos sensations.

Par cette triple voie, Hobbes incline vers un idéalisme, qui repose sur l'analyse de la perception, et sa conclusion

1. « Phantasma enira est sentiendi actus ; neque differt a sensione aliter quam lieH differt a tactum esse; quac differentia in inslantaneis nulla est. Fit autem phantasma in instante... ; facto autem phantasmate, sensio simul facta est. » De Corpore, IV ch. XXV, § 3. '

ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.

LA PHILOSOPHIE DE HOBBES

est de la plus haute importance* : Si les images, dit-il, s'expliquent par une réaction du cerveau sur le monde extérieur, et si au fond elles ont pour origine le mouvement, « elles appartiennent à Vétre sentant, et ne sont point des accidents de Tobjet senti ». Et dans le Traité de la Nature humaine : « Le sujet de leur inhérence n'est point l'objet, mais l'être qui sent. » Outre les théories générales sur les sens qui viennent d'être développées, il en apporte un supplément de preuves, tirées en grande partie des

erreurs des sens :

r Par des sens différents, nous acquérons des idées

différentes du même objets.

2» Si la thèse idéaliste n'était pas vraie, il faudrait revenir à la théorie scolastique des espèces, qui est insoutenable 5.

3** En preuve que les données des sens ne sont en nous que les apparences « du mouvement, de l'agitation ou du changement que l'objet produit sur le cerveau, sur les esiprits ou siur la substance renfermée dans la tête », Hobbes énumère les observations suivantes :

a) Le même objet peut nous envoyer plusieurs images ; par exemple le soleil est vu en même temps dans un miroir

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