‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 86 sur 319 · Léviathan, I, ch. n · texte numérisé non relu

Léviathan, I, ch. n

180 ÉrUDES DHISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE.

La mémoire n'est pas autre chose que rimagination i, qui n'est elle-même que la prolongation de la sensation 2. Mais tandis que Timagination est l'image considérée en tant qu'elle est image et représente un objet, le souvenir est l'image considérée en tant qu'elle est aUaiblie ; la cause de l'affaiblissement de la sensation, en effet, est le temps, et l'éloignement dans la durée produit les mêmes résultats que l'éloignement dans l'espace ; il atténue le contour des objets, efface les reliefs, obscurcit les images 3.

Une conception obscure est celle qui représente exactement le tout d'un objet, mais non toutes ses parties en détail; or, quand une conception primitivement claire revient obscure et confuse, ce qui nous fait juger qu'elle est passée, c'est qu'elle a souffert du déchet. C'est donc le degré d'affaiblissement de la sensation qui permet à l'esprit de la localiser dans le temps ; et la localisation dans le temps est le caractère propre de la mémoire *.

Il n'y a donc pas de différence entre çav^a^éoeai et « meminisse », sinon que « meminisse » regarde le passé, tandis que (pavTaî;£<Teai ne consiste qu'en l'image sans aucune considération de temps *.

De même V expérience n'est qu'une accumulation de souvenirs ou d'images, nés d'une multitude de sensations».

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