‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 85 sur 319 · De Corpore, IV, xxv · texte numérisé non relu

De Corpore, IV, xxv

LA PHILOSOPHIE DE HOBBES

3* Les images du songe sont fortes et claires (on en a donné la raison).

4® Il n'est pas de songe dont les éléments ne viennent de Texpérience.

5' Quelques songes naissent de sensations réelles, produites par l'action des parties internes de l'organisme sur le cerveau * ; mais la plupart du temps l'action de ces parties produit des sensations^ singulièrement agrandies et Iranslormées par la réaction du cerveau, qui n'est point contrebalancée par l'équilibre ordinaire des sensations de l'état de veille K

L'état des parties internes du corps et particulièrement du cerveau détermine la nature de nos rêves ; ainsi une mauvaise digestion donne des cauchemars ; le rêve détermine aussi certains états du corps et même des mouvements et des gestes : par exemple, la colère excite la chaleur dans certaines parties du corps ; mais il n'a pas échappé à Hobbes que l'inverse est vrai parfois, et que chez certains dormeurs la chaleur de ces parties du corps excite la colère, comme le geste ou l'attitude donnée du dehors au dormeur excite la pensée ou la passion correspondante 3.

Hobbes n'est pas loin d'attacher aux illusions des rêves une importance analogue à celle que leur prêle M. Spencer dans l'explication des sentiments religieux et des superstitions des hommes. Les spectres, ombres des morts, âmes, qui nous apparaissent pendant la nuit, prennent rang parmi les choses réelles pour les hommes primitifs ; et la difficulté et quelquefois l'impossibilité de distinguer le sommeil de la veille prête une singulière puissance à certaines illusions du rêve : c'est de là que sont nées, d'après Hobbes, les conceptions des faunes, satyres, nymphes des religions antiques, et celle des sorciers au moyen âge*.

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