‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 97 sur 319 · Logica, II · texte numérisé non relu

Logica, II

« Mais j'avoue, dit Hobbes, que je n'ai pas vu jusqu'à présent que ces prédicaments fussent d'un grand usage en philosophie. »

2. « Propositio (est) oralio constans ex duobus nominibus copulatis qua significat is qui loquitur concipere se nomen posterius ejusdem rei nomen esse cujus est nomen prius. » Logica, III, 2.

3. Le premier nom s'appelle suiet, antécédent, ou contenu ; et le second prédicat, conséquent ou contenant. Dans la plupart des langues, le signe de la connexion des deux noms est ou un mot, comme le mot est... ou un cas, une terminaison de quelque mot... Mais il existe ou du moins il peut exister des langues qui n'aient absolument aucun mol répondant & notre mol est. Elles pourraient cependant former des propositions, par la seule position d'un nom après un auti-e, comme si, au lieu de dire : un homme est un animal, nous disions seulement : un homme un animal. » Logique, III, 2.

4. « Dans toute proposition, il y a trois choses à considérer, savoir les deux noms, sujet et prédicat, et... la copule. Les deux noms excitent dans l'esprit l'idée d'une seule et même chose ; mais la copule fait naître l'idée de la cause pour laquelle ces noms ont été imposés à celte chose. Par exemple, quand nous disons : tout corps est mobile..., notre esprit cherche ce que c'est que d'être corps ou d'être mobile, c'est-à-dire quelles sont dans cet être les différences qui le distinguent des autres êtres et qui font qu'il peut cire nommé ainsi. — De là naît cette division des

Nous faisons un grand usage des noms abstraits, parce que sans eux nous ne pouvons presque pas raisonner, c'est-à-dire combiner, calculer les propriétés des corps. Mais on en fait un grand abus quand on se croit fondé à parler des accidents, comme s'ils pouvaient être réellement séparés de tout corps *.

Sans ajouter grand'chose à la logique péripatéticienne, Hobbes distingue les propositions en universelles, particulières, indéfinies et singulières (quantité) 2.

Il les distingue aussi quant à la qualité en a{lirmatives et négatives ^. Il définit excellemment la proposition affirmative, celle dont l'attribut est un nom positif ; et négative, celle dont l'attribut est un nom négatif, comme celle-ci : l'homme n'est pas une pierre, ou l'homme est non-pierre *.

Il les distingue encore en vraies et fausses, et remarque que la vérité n'est pas dans les termes isolés, mais seulement dans la proposition s.

Enfin, il passe en revue les propositions premières et non premières (nous y reviendrons), nécessaires et contingentes^, catégoriques et hypothétiques'^, et rappelle en

noms en concrets et abstraits : le nom concret est celui d'une chose qui est supposée exister ; c'est pourquoi... on l'appelle en grec •Jicoxet'iuvov. Le nom abstrait est celui qui exprime la cause pour laquelle le nom concret convient à la chose supposée existante : tels sont les mots corporéité, mobilité... Les noms abstraits expriment donc la cause des noms concrets, mais non la chose même qu'ils représentent...

Ainsi les causes des noms sont les mêmes que les causes de nos conceptions, savoir quelque puissance, quelque acte, quelque affection de la chose conçue. Ce sont ses modes, ou comme l'on dit plus ordinairement, ses accidents... Les accidents sont ainsi nommés parce qu'ils ne sont ni la chose elle-même, ni partie de la chose, mais qu'ils l'accompagnent de telle manière qu'ils peuvent tous cesser d'exister, être anéantis (excepté toutefois l'étendue), mais qu'ils ne peuvent être séparés du sujet. » Logique, III, 3.

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