Bulle du 7 juillet 11 36. Jaffé-Lœwenfeld, n
3. Ms. d'Auxerre n" i5 2. — J'ai classé (qu'on me le pardonne) les innombrables Provinciaux épars dans les principales bibliothèques d'Europe. Le ms. i32 d'Auxerre (chronique de Saint-Marien d'Auxerre) contient la plus ancienne forme complète de cette Notice. Elle est de la fin du xiie siècle. Le Provincial reproduit par Albinus dans sa collection canonique est certainement antérieur, mais les noms qu'il donne aux évêchés polonais sont tellement défigurés qu'il est impossible d'en tirer aucune lumière (Voy. Patroi, latine, t. XCVIII, col. 498 A).
ly, PAUL FABRE
à l'Apôtre : « dans un pays où, comme en Pologne, on change de monnaie plusieurs fois par an, ils ont soin de s'acquitter en monnaie hors de cours i. » De cette lettre il résulte qu'en l'année 1206, tous les Polonais (le pape s'adresse à tous les fidèles, omnibus Christi fidelibus in Polonia constitutis) étaient depuis longtemps {more soUto) astreints à fournir au Saint-Siège un certain cens annuel, qui consistait dans le paiement d'une pièce de monnaie.
Il ne s'agit plus maintenant d'une (( aumône royale ». C'est désormais au peuple et non plus au prince qu'incombe le paiement du cens qu'on doit au Saint-Siège '. Au reste, depuis Boleslas III, il n'y a plus à proprement parler un duc de Pologne, il y a plusieurs ducs en Pologne, et Innocent III envoyait, dans le même temps qu'il écrivait au peuple de Pologne, une lettre à tous les ducs de Pologne, «n/pers/s ducibus in Polonia constitutis 3. Peu à peu le souverain s'est déchargé sur son peuple : ce n'est pas tel ou tel prince polonais, c'est la Pologne ellemême qui est tributaire du Saint-Siège. Mais un curieux vestige subsiste de l'état antérieur; le prince conserve le pouvoir de dispenser certaines terres de la redevance que toutes doivent au Saint-Siège. Il a eu le droit d'imposer la redevance; il retient le droit d'en exempter ^.
Cet impôt payé par la Pologne au Saint-Siège pesait sur la terre. C'était ce que les textes appellent désormais le Denier de saint Pierre, et ici, comme en Angleterre, le Denier de saint Pierre, qui a pu
1. Bulle du 5 janvier 1207. « Ad nostram siquidem audientiam noveritis pervenisse, quod « cum ex consuetudine regionis usualis moneta per annum apud vos tertio renovetur et quae prius « in usu fuerat demum reddatur vilior, usu alterius succedente, vos eidem apostolo censum « debiium illo differtis tempore persolvendum in quo monetas quam solvitis vilior usus erit... « Mandamus quatenus censum ipsum, sine cujuslibet fraudis vitio, more solito, persolvatis. »
2. On lit pourtant dans le Liber Censuain de l'Eglise Romaine, sous l'évêché de Plock, la mention suivante : « Wladislao dux Polonie débet singulis trienniis quatuor marcas auri ad pondus Polonie. » Mais cette mention ne doit pas nous égarer. Il s'agit là d'un cas particulier.
Le duc Wladislas dont il est ici question est Wladislas Plwacz (le Cracheur), fils d'Otton et petit-fils de Mieszko III ; ce n'est pas le chef de toute la Pologne, c'est un des ducs de la Pologne (il est duc de Kalisz et de Grande Pologne): aussi ne stipule-t-il qu'en son nom propre, pour les terres de son palrimoine, qu'il tient à garantir contre les convoitises de ses voisins.
Nous avons la bulle par laquelle Innocent III (i 3 mai 1211; Potthast, n" 4244) prend sous la protection du Saint-Siège la personne et les biens de Wladislas : « Personam tuam cum universis bonis sub beati Pétri et nostra protectione suscipimus », et marque les conditions extérieures de cette sauvegarde : « Ad indicium autem hujus a sede apostolica protectionis « percepte quatuor marcas gratis oblatas singulis tiienniis nobis nostrisque successoribus ad « Polonie pondus persolves. »
Plus tard le même Wladislas ne trouve pas de meilleur moyen pour assurer son héritage contre la rapacité de son oncle (Wladislas Laskonogi) que d'augmenter la quotité du cens qu'il doit au Saint-Siège, et il s'engage alors à payer à l'Apôtre dix marcs d'or tous les trois ans (Voy. la bulle d'Honorius III du 9 février 1217; Potthast, n** 5452).
3. Bulle du 4 janvier I 207 ; Potthast, Reg. po/î/. Rom., n" 296 3.
4. Voy. dans le Codex diplomaticus majoris Polonise (t. IV, n" Î054) la donation de Wladislas, duc de Pologne, au monastère de Altenbergen, en 1282 : « Contuli villam « Stopanowo liberam a podivoda, a prewoda et Swentego Petra. »