‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 182 sur 340 · Art de vérifier les dates. Comtes de Rethel · texte numérisé non relu

Art de vérifier les dates. Comtes de Rethel

2. Voy. Dumont, Histoire de la ville de Saint-Miiiiel (Paris, 1860-62, 4 vol. gr. in-S") et abbé Clouët, op. cit., 11, 91.

3. Selon dom Calmet (1, cxcv ; 11, 117, 119), dont VArt de vérifier combat l'opinion, il aurait quelque temps succédé à son père et serait mort seulement en i i55. Par suite, il mériterait d'être cité au nombre des comtes de Bari

4 Ce personnage semble du teste emprunté à la Chanson de Roland qui l'appelle plus justement Thierri duc d'Argonne, v. 3 08 3, 3534. Mais, si ce rapprochement est exact, que devient l'opinion traditionnelle qui place la Chanson de Roland au xi" siècle? Il faudrait admettre alors une interpolation. Thierri d'Ardenne apparaît encore dans le poëme de Basin perdu en français mais connu par une double imitation néerlandaise et Scandinave. Voy. G. Paris. Histoire poétique de Charleinagne, p. 3 20.

bourg, Limbourg, Strasbourg. Trois vers mis dans la bouche de Bègues confirment cette attribution :

On soloit dire qu'estoie fis Hervi

Le Loherenc qui les mons d^Aussai tint

Et val Saint-Dyé, la ou li argens git (ii, 98).

Ainsi les monts d'Aussai sont près de Saint-Dié. Ce sont visiblement les Vosges '. 11 est dès lors permis de voir dans « Thierri des monts d'Aussai « Thierri V le Vaillant, sire de Vaudémont et duc de Lorraine (de 1070 a iii5), fils de Simon comte en Alsace. Ce personnage possédait certainement la petite forteresse de Bitche, perchée dans la montagne, puisqu'il la transmit à son second fils Thierri, qui fut sire ou comte de Bitche avant de succéder à Charles de Danemark dans le comté de Flandre, en i 128. C'est sans doute à l'origine alsacienne de cette famille' et à cette possession dans les Vosges que Thierri doit son surnom dans notre poëme.

9° De Bar li diix Henris (i, 107; 11, i63).

De Bar-le-Duc s'en va avant Henris [i, 246).

Le premier comte ou duc de Bar, appelé Henri, gouverna de 1170 à 1 191, date de sa mort au siège d'Acre où il avait accompagné Philippe-Auguste. Cette date si basse pourrait faire douter de l'exactitude de l'identification si l'on n'en avait un second exemple dans

10° Henri archevêque de Kains (11, i et suiv.).

Le premier archevêque de Reims de ce nom est le frère bien connu de Louis VII (t 169-1 175). Dès lors, il semble difficile d'admettre que cette double coïncidence soit due a un pur hasard. Il est bien plus probable que l'auteur du Garin a pris ces noms dans la réalité contemporaine.

1 1° Gallerans et Gaudins de Lanbourc (i, i63, 292 ; 11, 32).

Il est difficile de ne pas reconnaître dans le premier Waleran II, comte de Limbourg, qui partagea un instant le duché de Basse- Lorraine avec Godefroid VII et mourut en 1 139 \

Dans chacun des paragraphes suivants, qui offrent plusieurs personnages du même nom, il est bien difficile d'arriver à une certitude d'identification. Il me semble pourtant vraisemblable que les souvenirs de l'auteur de Garin portaient sur les plus récents,

1. Remarquez enfin la forme Auxalia dans Hermann de Tournai (^Mon., Gerin., Scripl., XVI, 289) à propos des comtes de Flandre d'origine alsacienne.

2. Un troisième fils de Thierri II fut encore comte d'Engislieim et landgrave d'Alsace.

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