Monuin. Gerin. Scripl., XII, i
2. Ibid., Il Qjiibusdam Romanorum portam reserantibus, quam Pincianam dicunt ».
3. Liber Pontificalis (^éd. Duchesne), II, 290. « Adham per portam Flaminiam habuit. »
4. « Romani, audito eum intrasse, belium erexerunt. » Ibidem.
rôle, il semble que l'empereur ne se soit enfui qu'après la victoire de son adversaire'. Les Normands se frayèrent ainsi un passage vers le château Saint-Ange; mais ils ne laissaient que des ruines derrière eux. « Les Romains ne purent rien, dit le Liber PonùficaUs, et Robert détruisit de fond en comble et réduisit à néant tout le quartier où se trouvent les églises Saint-Silvestre et Saint-Laurent in Lucina". D'après Léon d'Ostie, les Normands mirent systématiquement le feu à tous les quartiers qu'ils traversèrent, depuis la porte du Peuple jusqu'au château Saint-Ange ; ils voulaient profiter, pour passer, du trouble que causerait Tincendie, et détourner vers leurs maisons en flammes, l'attention des Romains; occupés à éteindre le feu, ils ne penseraient plus à leur disputer le passage \
Arrivé au château, Robert Guiscard délivra Grégoire VII et le rétablit en possession des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Jean. Au milieu des troupes normandes, le pape traversa toute la ville et rentra dans le palais apostolique du Latran que venaient de quitter précipitamment ses deux ennemis en fuite, ses deux vainqueurs de la veille, Henri de Germanie et Guibert de Ravenne. Dans la joie du triomphe, Hildebrand ne dut pas voir sans une certaine émotion les ruines qu'avaient nécessitées sa délivrance; il dut déplorer le misérable état dans lequel se trouvait la ville qui lui était rendue. Il n'a exprimé nulle part les sentiments de compassion et de tristesse que dut éprouver son âme aussi généreuse que sévère, mais nous pouvons les deviner d'après ceux de son entourage. C'est avec mélancolie que l'historiographe officiel du Lïher PonùficaUs mentionne les ravages de Robert Guiscard, et il interrompt la sécheresse de son récit pour montrer son indignation et sa tristesse : « Totam regionem. . . penitiis destruxit et fere ad nichilum redegit... omnesque Komanos depraedari cœpit et exspoliari, atqiie, CiUOD injuriosum est nuntiare, nmUeres dehonestare, regionesque illas circa Lateraniim et CoUseum positas, igné comhurere ^. »
A peine arrêtée quelques jours, la dévastation de la ville recommença. L'armée normande était campée autour du Latran, dans les solitudes qui s'étendaient sur le Cœlius et devant le monastère de
1. Acta SS. 2 5 maii c Robertiis... Romam armata manu iiivasit, fiigaloque Henrico, tolam Urbem.... exspoliavit. »
2. Liber Pontipcalis, II, 290. <> Nihil facere ei potueiunt imoque cum suis totam regionem illam in qua ecciesia S. Silvesiri et S. Lauientii in Lucina sitas sunt, pœnitus destruxit et fere àd nichilum redegit. »
3. Acta SS. 25 maii. Léo Ostiensis III, 53. « Ex consilio Cencii, Romanorum tonsulis, ignem in Urbem immisit ; Romani igitur re inopinata percuisi, ac in igné exstinguendo dum esseni intenti, dux confestim cum exerciiu ad arcem S. Angeli properans. . . »