‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 199 sur 340 · Liber Pontificalis, II · texte numérisé non relu

Liber Pontificalis, II

Sainte-Croix de Jérusalem. Un incident de peu d'importance suffit pour rallumer la guerre et Tincendie : des Romains, nous dit Bertold de Constance, blessèrent un soldat de Robert Guiscard '. De nouvelles batailles s'engagèrent, mais cette fois dans les quartiers du Latran et du Colisée qui avaient été jusqu'alors épargnés; le chroniqueur mentionne un combat qu'il ne faut pas confondre avec celui du Champ-de-Mars; car il eut lieu après la délivrance de Grégoire VII et sa rentrée dans le palais pontifical. « CasteUiim adiit [Wiscardus] indeque sœpenominatum Hildebrandum educens , ad castra perduxit ; posT HAEC^ bello ciim Romanis commisso, maximam Urbis partem incendil'. » Les Romains furent de nouveau refoulés et une seconde fois, leur ville fut mise à feu et a sang par les vainqueurs. La région du Latran fut particulièrement maltraitée; c'est par les traits les plus sombres que les historiens nous en décrivent la dévastation. « Robert Guiscard, nous dit Cencius Camerarius, saccagea et brûla toute la région du Latran depuis l'entrée de la ville jusqu'au Colisée. « — « Il mit le feu, dit le Liber pontificalis, à tous les quartiers avoisinant le Latran et le Colisée". » « Il incendia la plus grande partie de la ville, mit à mort un grand nombre de citoyens, détruisit de fond en comble plusieurs églises^ fit enchaîner des femmes mariées, et après les avoir violentées, les fit amener au camp, les mains derrière le dos. »

C'est dans ce grand incendie que fut détruit l'un des sanctuaires les plus vénérés de Rome, la vieille église des SS. Quatre Couronnés qui, cinq siècles auparavant, avait été construite par Honorius, et restaurée, au ix^ siècle, par un de ses anciens prêtres-cardinaux, devenu le pape Léon IV ^. Le Liber pontificalis nous dit expressément, dans la vie de Pascal II, qu'elle avait été ruinée au temps de Robert Guiscard, prince de Salerne-\ C'est là une allusion évidente au fameux incendie dont on devait garder encore un bien vif souvenir, trente ans plus tard, sous Pascal II. Lorsqu'il en ordonna la reconstruction, ce même pape reconnut que le feu Tavait complètement détruite et que de nom-

1. Acta SS. 2 5 maii, « Majoreni urbis partem igné consumpsit eo quodRomani quemdam ejus miiiiem vulneraverunt. »

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