‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 26 sur 340 · Cassiod. , Cliron · texte numérisé non relu

Cassiod. , Cliron

2. Aetius, dans la première moitié du vc siècle, avait cornmencé par combattre les Burgondes. Après les avoir battus en 428, il les avait forcés à repasser les Vosges (Prosper Aquii., Chron., ann. 428). Rentrés en Gaule en 435 et de nouveau vaincus par Aetius, ils avaient conclu avec lui une paix, à la suite de laquelle nous les voyons établis en Savoie (Idace, Cliron., X, 11. — Prosper Aquit., Chron., 43 5). En tolérant cet établissement, les Romains indiquaient leur intention de protéger leurs possessions dont le centre se trouvait à Arles, à la fois contre les Francs au Nord et contre les Wisigoths à l'Ouest.

Au milieu du v'^ siècle, Wisigoths et Romains se disputent l'alliance des Burgondes. Au cours de la campagne dirigée par le roi des Wisigoths, Théodoric II, contre les Suèves, les rois burgondes Gondioc et Chilpéric figurent dans l'armée wisigothique (Co/i/i;i. Prosper liauiiiemis 457). Jordanès a l'air de considérer les Burgondes, à ce moment, comme les alliés exclusifs des Wisigoths (Jordanès, Gel., 44). C'est là une exagération évidente, car, à cette époque, Théodoric est l'allié d'Avitus. Cependant, après la mort d'Avitus, ils paraissent avoir mis à profit leur amitié avec le roi des Wisigoths pour agrandir leurs possessions territoriales aux dépens de l'empire. Appelés par les sénateurs de la Lugdunaise, ils pénètrent dans ce pays, se partagent les terres et s'établissent à Lyon. Avec Majoiieii un revirement se produit et l'influence romaine reprend le dessus chez les Burgondes, qui, du reste, sont catholiques et se romanisent très rapidement. Le plan de cet empereur est double : 1° opposer Burgondes et Wisigoths les uns aux autres ; 2° se servir des deux peuples pour assurer la défense de l'empire contre les ennemis du dehors. Ainsi, après avoir imposé à Lyon une garnison de Burgondes (Sidoine, Carin., V, 564, 573), Majorien les emploie dans sa guerre contre les Wisigoths (Sidoine, Carm., V, 562, 563). Après Majorien, l'expansion des Burgondes se continue dans les vallées de la Saône et du Rhône (Sidoine, Ep. V, 6, 7). A la même époque, à une date incertaine, mais, selon Dahn, postérieure à la mort de Majorien (.lahn, Gescli. dir Burgond., I, p. 470), ils s'établissent définitivement à Lyon, événement auquel fait allusion une homélie attribuée à tort

Les bonnes relations des Burgondes et de l'empire sous son rèî^ne, sont, en effet, attestées par les textes : par Sidoine Apollinaire, dans la lettre où il raconte le procès d'Arvandus', par Jordanès, qui, en 470, appelle expressément les Burgondes alliés du peuple romain '\

Il n'est pas moins certain qu'Anthemius avait obtenu également le concours des Bretons. Jordanès nous dit que 12,000 Bretons sous le commandement d'un chef nommé Riothime viennent occuper le Berry -\ Dans la lettre d'Arvandus à Euric, surprise par les députés de l'Auvergne, il est question d'attaquer les Bretons établis sur la Loire et alliés de Rome '.

Ces Bretons auxquels Anthemius fit appel contre Euric n'étaient pas des Bretons insulaires; mais appartenaient sans doute à des bandes déjà installées depuis quelques années sur les bords de la Loire. Tout au plus pourrait-on admettre, qu'ils furent renforcés par des émigrants venus d'outre-mer ■".

On peut encore admettre avec Fauriel '', qu'outre les Burgondes et les Bretons, Anthemius s'assura aussi l'appui des Francs. Les textes nous montrent, en effet, des Francs et des Romains combattant les Wisigoths sous les ordres dv. comte Paulus '.

Ces négociations, qui pouvaient assurer la supériorité de l'empereur durent déterminer Euric à prendre l'offensive. En attaquant, le roi des Wisigoths prévenait les effets de la politique de son adversaire et pouvait profiter en même temps de l'avantage que lui donnait à cette

à saint Eucher, et qui est plutôt l'œuvre de l'évèque Eusèbe. Au reste, cette occupation ne modifie en rien les rapports des Barbares avec Rome. Officiellement, l'empire conserve sa suprématie sur les territoires où ils sont cantonnés. Hilpéric et Gondioc sont des officiers romains ; ils ont le litre de maîtres de la milice.

Page 1