‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 284 sur 340 · Cambridge, Bibliothèque de Caius Collège^ ms · texte numérisé non relu

Cambridge, Bibliothèque de Caius Collège^ ms

3. II Caritas divitibus est necessaria, scilicet ut in se ipsis sumant et relèvent onus pauperum, « et pauperes per caritatem orando supportent onus divitum. Nullus enim indigeret, si invicem << se supportarent, et nullus laboraret si mutuo se juvarent. Dives propter pauperem factus est, « et pauper propter divitem. » (F" i5 5).

4. « Hodietamen citantur, excommunicantur et spoliantur pauperes et simplices, resistere non « valentes, et taies sepe qui sunt mundi et satis casti ; sed divitum et potentum peccatum relin- « quunt impunitum. » (F" 196).

5. « Qiubus, rogo, fit major injuria per taliler luxuriantes quam Christi pauperibus ? Ipsis « denique debetur quod tam procaciter expenditur circa meretrices. Quid ergo convenientius <c remedium, ad hujusmodi peccatum dimittendum, quam resiituere pauperibus debitum tam « injuste ablatum ? » (F" 196). Pour être exact, j'ajoute que le sermon en question, a été prononcé devant l'Université d'Oxford, et j'ignore si parmi les auditeurs il y avait des laïques.

LES PREDICATIONS POPULAIRES 385

Dans un autre sermonnaire de la fin du xiv^' siècle, je trouve cette apostrophe que Dieu adresse au riche : « O homme, pourquoi t'enrichir de ce qui fait défaut à ton prochain ? Pourquoi t'approprier ce qu'il faut partager avec les pauvres ? Qu'as-tu donc que tu n'aies reçu ? Qu'as-tu donc que je ne t'aie donné ? Si tu ne veux pas me donner ton bien, rends-moi le mien ' ! »

Le ms, I. i. III. 8 de la bibliothèque de l'Université de Cambridge est sans doute une compilation de sermons de différents auteurs, faite à la fin du xiv-^ siècle. Dans l'un de ces sermons, le prédicateur prend violemment à parti le clergé de son temps « Les luminaires de l'Eglise, s'écrie-t-il dans un assez beau langage, se sont changés en ténèbres, et les étoiles du ciei sont tombées sur la terre", »

Un autre est dirigé contre les gens de loi; c'est une satire émouvante et amère de leur rapacité. Ils ne défendent les intérêts des pauvres que si les pauvres se dépouillent pour les payer-'. Cette invective a dû avoir du succès. C'était le temps où William Langland représentait les légistes comme les plus incorrigibles adeptes de « Lady Meed » et écrivait : u II serait plus facile de mesurer le brouillard sur les collines de Malvern, que de tirer d'eux une syllabe sans leur montrer de l'argent '. »

En i38i, les principales victimes des révoltés furent des juges ; on brûla leurs maisons, on les traqua avec un acharnement inouï, on en tua plusieurs, et l'on brisa les portes des prisons. N'était-ce point les

1. « De homine conqueiitur Deus sic : O liomo, cur te ditas hiis quibus indiget proximus. " Cur tibi approprias que communicanda sunt pauperibus?. .. Q^iid habes quod non acce- « pisti ? Quid habes quod non dederim tibi i Si non vis dare tua, saitem mea redde. )> IBod- « leienne d'Oxford, ms. RawUnson, C, Sg, f" 49).

2. « Ciuod dolendum est videtur multis, quod in ista incidimus infelicia tenipora, in quibus « videtur quod luminaria ecdesie in tenebras sunt conversa, et steile celi in terram ceciderunt... « Nostri sacèrdotes jam ceci, tenebrosi et caliginosi facii sunt. . . jam laicis sunt tenebro- « siores,.. Ecce apud ilios hiis diebus non est tonsura in capite, nec rehgio in veste, non « modestia in verbis, non temperancia in cibis, nec pudici[tija in signis, nec etiam coiiti- << nentia in factis. » (Cambridge, Unipersity Library, I. i. III, 8, f" 129). Par cette citation et les suivantes, on peut voit que le scribe qui a composé ce recueil était très ignorant et négligent.

3. n Clamât insuper et conquerendo asserat populus de viris magnis in partibus qui habundant diviciis, et jurum noticia copiosius sunt imbuti ; si veniat jam ad talem pauper vicinus suus, per pravorum injurias nequiter oppressus, . . . sibi supplicans pro amore patris et mairis et omnium carorum suorum in hoc mundo, quatinus velit juvare in tanta necessitate constitutum, ipse non dignabitur ipsum exaudire nec videre, et si pauper iteralo multiplicet preces suas dicens : " Domine, amore Christi crucifix! et omnium Sanctorum Dei, relevetis me ne destruar injuste per adversarios meos ", adhuc nec est vox neque spiritus, quamvis possit

per tria [vel, per X verba ipsum pauperem de toto negocio expedire At ille pauper et

vendat illa pauca que habet, de quibus débet vivere, vel aliuiide mutuetur et déférât sibi aurum, petens ejus auxilium sicut prius, tune statim, palpato aur 0', qui prius cecus et surdus fuerat audiet et ridebit. » (Ibid., f° 146).

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