‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 312 sur 340 · Foi. i · texte numérisé non relu

Foi. i

3. Nous pouvons signaler encore l'histoire d'une fille changée en jument (fol. îi), d un homme qui fut dévoré par les c. souris », malgré ses domestiques (fol. 161), d'une bataille de couleuvres (fol. iS?), etc., etc.

4. Arc/iiv., t. III (i 82 i), p, 472 : « ... nur als Hiilfsquelle dienen kann. »

422 CAMILLE COUDERC

tance et sort même, plusieurs fois des limites ordinaires de l'abrégé. On peut très exactement s'en rendre compte par la partie publiée dans les Historiens de France.

Son intérêt littéraire n'est pas non plus très grand, m.ais il n'est pas négligeable. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, c'est dans cette chronique qu'il faudra désormais aller chercher l'une des plus anciennes traductions en prose, sinon la plus ancienne, de ce recueil de fables attribuées à Esope qui avait été mis en latin par un personnage énigmatique du nom de Romulus et que Vincent de Beauvais a inséré dans son Spéculum historiale\ C'est très certainement là que notre auteur l'a pris. Et si on examine sa traduction on n'hésitera pas à la préférer à celle de Jean du Vignay, la plus connue de celles qu'on a signalées.

Nous avons dit que nous ne pouvions entrer dans l'étude des sources employées par notre chroniqueur, nous ferons néanmoins remarquer qu'il n'a pas toujours bien fondu ensemble les passages qu'il a tirés de ses devanciers. Il lui est arrivé, plus d'une fois, de parler, en deux endroits différents, du même personnage, sans ajouter, dans la seconde mention, aucun détail oublié dans la première. Ainsi, après avoir indiqué la date à laquelle avait vécu le poète Térence, qu'il appelle « mestres de tragedes » — et il déclare, ce qui est assez inattendu, que les tragédies sont des façons de chansons de geste — il répète cette indication un peu plus loin', pour cette seule raison évidemment que ces mentions se trouvaient dans les deux chroniques qu'il a utilisées. Et cet exemple n'est pas le seul qu'on puisse citer.

Ce défaut de composition est beaucoup plus sensible dans la seconde rédaction que dans la première. Notre chroniqueur, en effet, s'y est rarement donné la peine de corriger, d'abréger ou de supprimer ; il n'a fait le plus souvent qu'ajouter. En voici un exemple topique. L'insertion dans sa chronique d'un catalogue des papes et d'un catalogue des rois de France aurait du l'amener à remanier son travail. Or, il n'en a rien été : cette addition n'a été la cause d'aucune suppression. Les mêmes personnages figurent nécessairement deux fois dans le récit.

La liste que nous avons donnée plus haut, d'après notre chroniqueur lui-même, des additions de la seconde rédaction n'est pas tout-à-fait

1. Spéculum historiale, 1. IV, ch. 2-8, éd. de Douai, 1624, in-fol., p. 87-90. On le retrouve dans le Spéculum doctrinale, 1. IV, ch. 114-123. Cf. Léopold Hervieux, Les fabulistes latins depuis le siècle d'Auguste jusqu'à la fin du moyen âge : Phèdre et ses anciens imitateurs, t. I (iSgS), 2^ éd., p. 484 et suiv. Le nombre des fables de Romulus insérées ainsi par Vincent de Beauvais dans sa compilation est de 29.

Page 1