fr. 19477, fol. 59''o et
complète; elle ne comprend que les additions d'une certaine importance. Nous en avons remarqué plusieurs autres ', mais il serait inutile de les indiquer ici.
Nous nous trouvons donc en présence d'une œuvre qui a été revue et considérablement augmentée. Voyons maintenant s'il est possible de déterminer les dates de sa première composition et de sa révision.
Notre chroniqueur nous fournit lui-même le moyen d'arriver, sur cette double question, à une précision assez grande. On remarque, en effet, dans sa chronique', le passage suivant : « Le iii^ an de cestui Abdon fu Troye prinze. En celui temps, commencèrent li Griiois à noter leurs ans de la prince de Troye, aussi comme nous disons en l'an de l'Incarnation mil CCCXXVl, ainsi dient li Grec l'an après que Troye fu prinze, etc. » L'auteur écrivait donc déjà en 1826.
Il ne semble pas qu'on puisse hésiter sur cette date. Elle est fournie, en effet, par les manuscrits les plus anciens, et si elle ne se trouve plus dans les manuscrits les plus récents, c'est qu'elle a été rajeunie par les continuateurs ou les copistes. Trois ont mis i328, un i333, trois i338 et un 1477. D'un autre côté plusieurs s'en sont tenus à l'indication du siècle : « mil IIL )), sans y joindre celle de l'année \
Un autre passage n'est pas moins probant. Voici comment notre chroniqueur établit le compte des années qui se sont écoulées, d'après lui, depuis la conquête de la Grande Bretagne par les Angles^ : « En celé année — en- 1 165 ; il vient, en effet, de donner la datede la naissance de Philippe-Auguste — furent acompli viiT" et xxx ans que li Anglois vmdrent premièrement en Bretaigne la Grant, qui est appelée Angleterre. Et qui y ajoustera clxh ce seront ix' iiii" et xii ans au jour d'ui que li Anglois vindrent de Saxonie en Angleterre. » 11 place donc l'invasion des Angles, en 335 : 1 i65-83o = 335. Nous n'avons, par
1. Fol. 96. Dits du philosophe Second. — Fol. i 26-1 2 7 et Fr. 693, fol. 96. Détails sur les Lombards, d'après Paul Diacre. — Fol. 98-100. Détails sur sur S^" Eugénie, qui « vesqui avec les moynes, en habit de moine, » etc., etc.