‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 8 sur 340 · Ibid., VI, 32, p · texte numérisé non relu

Ibid., VI, 32, p

cela avec l'aide de son époux qui n'agissait plus comme roi, mais comme défenseur de sa femme.

Mais voici une affaire où il semble qu'un roi ait fait mettre à mort un de ses sujets sans aucune forme de procès, même sans aucun motif légal. «Chez le roi Childebert', Magnovald, pour des raisons qui ne sont pas connues, est tué par ordre du roi, de la manière suivante : Pendant que le roi, dans son palais assiste à des jeux et regarde un animal que poursuit une troupe de chiens, il fait appeler Magnovald, Celui-ci vient et, ne sachant pourquoi on l'a mandé, il se met à rire avec les autres en regardant la bête poursuivie. Mais un homme, apposté par ordre du roi, dès qu'il le vit attentif au spectacle, lui fendit la tête d'un coup de hache. Magnovald tomba mort; son corps fut jeté par la fenêtre et enseveli par les siens. Ses biens furent aussitôt saisis et tout ce qu'xtn trouva chez lui apporté au trésor public. Quelques-uns pensaient qu'il avait été mis à mort parce qu'après la mort de son frère, il avait infligé à sa propre femme toutes sortes de mauvais traitements et l'avait tuée, après quoi il avait fait entrer dans son lit la femme de son frère. « Quand même Magnovald aurait commis un crime entraînant la peine capitale, quand même il y aurait eu un motif légal à son exécution, il faut reconnaître que cette exécution a été irrégulière, et le coupable, attiré dans un guet-apens et mis à mort de piano, sans aucune forme de procès, véritablement assassiné. Magnovald n'était sous le coup d'aucune sentence, sans quoi il ne serait pas venu avec tant d'insouciance se livrer à son juge et à son bourreau. Mais que peut-on inférer de là sinon que le roi Childebert a commis un abus de pouvoir?

Avec l'affaire de Chundo ', nous rentrons dans le domaine de la légalité. « La quinzième année du règne de Childebert, qui est la vingt-neuvième de celui de Contran, celui-ci, chassant dans la forêt des Vosges, découvre les restes d'un buffle qu'on avait tué. Il fait saisir le gardien de la forêt qui, sommé de nommer la personne qui avait osé commettre cet acte dans une forêt royale, dénonce Chundo, cubiculaire royal. Là-dessus, le roi ordonne d'appréhender Taccusé, de l'enchaîner et de le conduire à Chalon, afin qu'en la présence du roi, accusateur et accusé discutassent. Chundo affirmait n'avoir jamais commis l'acte dont on l'accusait. Le roi ordonne donc le duel. Le cubiculaire présente son neveu comme champion ; les deux adversaires entrent dans le champ-clos. Le jeune homme frappe de la lance

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