‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 9 sur 340 · Ibid., X, 10, éd. Arndi, p · texte numérisé non relu

Ibid., X, 10, éd. Arndi, p

DE QUELQ^UES PASSAGES DE GREGOIRE DE TOURs 7

le gardien de la forêt et lui transperce le pied; le gardien tombe sur le dos et le jeune homme, tirant son couteau, s'apprête à lui trancher le cou, lorsque lui-même est blessé au ventre par son adversaire. Tous deux roulèrent à terre ; ils étaient morts. Ce que voyant, Chundo court se réfugier dans la basilique de Saint-Marcel. Le roi crie qu'on le poursuive et qu'on le saisisse. On l'atteignit avant qu'il eût atteint le seuil du sanctuaire ; attaché à un poteau, il fut lapidé. Plus tard, le roi se repentit d'avoir cédé avec tant de précipitation à la colère, regrettant d'avoir fait périr si promptement un homme fidèle et qui lui rendait des services. » Nous sommes donc en présence d'une affaire qui a eu un développement régulier, et où toutes les règles de la procédure ont été respectées. Le débat a été public. Les deux adversaires s'obstinant dans leurs affirmations contradictoires, on a eu recours au jugement de Dieu pour faire la preuve. Le champion de Chundo a succombé; Chundo est donc coupable. Pourquoi, s'il ne s'était pas senti menacé de la peine de mort, aurait-il cherché un asile dans une église? D'ailleurs, Fustel de Coulanges, qui avait d'abord vu dans ce fait une preuve que le roi pouvait mettre à mort les hommes qui lui déplaisaient', le cite ensuite à titre d'exemple de l'emploi légitime du duel comme moyen de preuve -. « Une autre fois, dit-il, un délit de chasse ayant été commis, Chundo, l'un des grands du palais, est traduit en jugement devant le roi. 11 nie. Le roi ordonne par jugement le combat. Chundo donne un champion qui combat h sa place, en présence du roi, et qui est tué. Sur cela le roi est convaincu de la culpabilité de Chundo, qu'il aimait pourtant, et il le fait mettre à mort. )) On peut tirer de ce récit que le roi Contran avait édicté la peine capitale contre ceux qui chasseraient dans les forêts royales. Il est vrai que le roi se repentit d'avoir ordonné la lapidation d'un serviteur fidèle. C'est qu'il lui était loisible de faire grâce au coupable. Chundo comptait sur cette clémence, et c'est pourquoi il avait couru à la basilique de Saint-Marcel, espérant y demeurer jusqu'à ce que la colère du roi fût tombée.

Voici un autre fait -^ Childéric, un saxon, avait commis des meurtres et des crimes de toutes sortes, fomenté des séditions. Il gagna la ville d'Auch où sa femme possédait une terre. Le roi ayant eu connaissance de ses crimes, ordonna de le tuer. Le coupable échappa à la justice royale car il trouva dans ses déportements mêmes le châtiment de ses crimes. Une nuit il s'enivra tellement qu'au matin on le

Page 1