‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 96 sur 340 · Eistorix, lib. II, i · texte numérisé non relu

Eistorix, lib. II, i

2. Annales Berlin., a. 860 et 861 ; Aimoin, Miracida S. Benedicti, c. 10, dans Bouquet,

t'. VII, p. 3Si. Voy. E. Diimmler, Geschichte der Ostfrasnkischen Reiches, 2" éd., t. II

( 1887), p. 26 et suiv.

3. Lettre i i 6 de Loup de Ferrières aux moines de Saint-Germain d'Auxerre; on l'a datée à ort- du comnencem;nt dî 859, miis elle est ceriainemjnt postérieure au 14 septembre 861 et probablement du commencement de 862.

ÉTUDES CAROLINGIENNES 1,9

Loup avait sollicité pour lui-même et quelques moines un asile dans le diocèse de Besançon ', mais sur ces entrefaites l'évêque de Troyes, Folchricus, étant venu à Ferrières, lui offrit un refuge dans un de ses domaines, au fond de la forêt d'Othe, à Aix ".

Cependant l'orage s'apaisa ; Charles-le-Chauve, après quelques démonstrations militaires, traita avec les Normands au cours de l'année 862, et les détermina à regagner la Basse-Seine '; Loup et ses moines, délivrés de leurs craintes, purent rester dans leur monastère. Dans une lettre de remerciements que l'abbé de Ferrières adressa alors à l'évêque de Troyes, revenant sur ses terreurs passées, il parle des projets qu'on prêtait aux Normands, et s'exprime à ce propos en termes qui n'ont point été compris. Voici le passage tel ■que l'ont publié tous les éditeurs et qu'il se trouve dans le manuscrit ;

(Praedones), vastatis longe lateque celebeirimis locis, ctiam sedem negotiatoiLim cappas se pelitunim jactabant.

Baluze a proposé d'après Goldast la correction suivante :

... etiam sedem nostiam et otiatorum cappas se petituium jactabant.

Cette correction, qui ne repose sur aucune base, n'explique rien, et du reste toute correction est inutile : Cappas est en effet un nom de lieu qui représente la localité actuelle de Chappes, commune du département de l'Aube, dans le canton de Bar-sur-Seine, située sur les deux rives de la Seine, à une vingtaine de kilomètres en amont de Troyes : c'est aujourd'hui un pauvre village, mais dont l'ancienneté est attestée par de nombreux vestiges et par d'anciens documents ^

Ainsi compris le passage de Loup de Ferrières a cet intérêt de montrer qu'on avait en 861 la crainte, fondée ou non, de voir les Normands remonter la vallée de la Seine jusqu'au delà de Troyes, et surtout qu'il s'était formé à Chappes un entrepôt où les marchands avaient cherché un refuge contre les invasions. Peut-être était-ce là que se rendaient des marchands, dont parle Prudence de Troyes, qui, en 861 précisément, remontaient la Seine en bateau lorsqu'ils furent poursuivis et capturés par les Normands - .

1. Lettie 120, à l'archevêque de Besançon, Arduicus ; il la faut également dater de la fin de 861 ou du début de 862.

2. Lettre 123 a Tévéque de Troyes, Folchricus, qu'on doit dater de 862. — Aix-en-Othe, ch.-l. de cant. du dép. de l'Aube, arr. de Troves.

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