Histor. Francor., VI, 46, éd. Arndt, p
Par Georges YVER
Le règne cTEuric nous est mal connu. Sidoine Apollinaire, Jordanès, Grégoire de Tours, Idace, Isidore de Séville, quelques chroniques du v e et du vi e siècle, les actes des Conciles et quelques écrits hagiographiques, en particulier la vie de saint Epiphane par Ennodius, telles sont à peu près les seules sources qui permettent de reconstituer l'histoire de ce prince. Cependant, en dépit de l'insuffisance des documents, ce règne mérite d'être étudié. Il marque dans l'histoire des Wisigoths un moment décisif, celui où cette nation barbare, à peine établie dans la Gaule méridionale depuis un demi-siècle, parut sur le point de recueillir dans ces régions l'héritage de l'empire d'Occident.
Depuis le moment où Honorius avait reconnu aux Wisigoths, alliés et soldats de Rome (fœderati), la possession de l'Aquitaine II et des provinces voisines, ils avaient travaillé sans relâche à agrandir leurs domaines et à s'émanciper de la tutelle impériale. Théodoric I, Thorismond et surtout Théodoric II avaient profité des troubles incessants qui agitaient l'Occident pour étendre leur territoire bien au-delà de ses limites primitives. A la mort de Théodoric II, les possessions des Wisigoths comprenaient déjà Narbonne et la Novempopulanie ; elles atteignaient presque le Rhône, tandis qu'au sud, grâce à des guerres heureuses contre les Suèves, elles débordaient sur l'Espagne. En même temps le lien de subordination qui rattachait le royaume wisigothique à l'empire et qui faisait du roi de Toulouse une sorte de « vassal » de l'empereur, selon l'expression de Fauriel 1 , s'était pro-