L'ASSEMBLEE DE QUIERZY-SUR-OISE
garde de votre fils a été bien réglé, et nous reconnaissons que c'était nécessaire. Nous ne pouvons pas déranger ces mesures, et nous ne savons pas quelles meilleures mesures prendre 1 . »
Si l'Empereur avait invité l'aristocratie à régler la défense du royaume en son absence, la délibération sur ce sujet, d'après la réponse même, aurait été nulle. Mais il leur avait dit : « Choisissez parmi vous ceux qui m'aideront dans le présent voyage, à l'exception de ceux à qui j'ai déjà donné un ordre. » Il ne paraît pas que les grands aient fait ce choix : ils se sont refusés au voyage d'Italie, se dérobant, pour n'y point prendre part, derrière les instructions que Charles le Chauve avait données à certains d'entre eux pour la garde du royaume en son absence. L'assemblée de Quierzy a donc blâmé ce voyage d'Italie ; elle a pesé avec soin les termes de ce blâme : nous n'en connaissons pas moins son opinion sur ce premier point très important 2 .
En voici une autre : Art. 4. « Premièrement, vous nous demandez comment vous pouvez être assuré de votre fils, nous vous répondons que c'est vous qui l'avez engendré et nourri , et que par vos soins Dieu l'a conduit jusqu'à cet âge. Nul de nous ne peut, ne doit, ne sait mieux que vous continuer à le préserver d'une faute. C'est dans vos mains, vos ordres que résident, après Dieu et les saints, son honneur, son innocence. C'est à vous à prendre les mesures nécessaires pour vous assurer de lui pour le profit de l'Église et du royaume 3 . »
Ici encore la réponse, évasive, masque un refus de satisfaire le roi. Que demandait-il? L'indication des mesures à prendre contre son fils, pour prévenir le cas où une révolte de Louis le Bègue viendrait troubler, en son absence, la paix du royaume. En les indiquant, les grands se fussent engagés à les faire observer. Charles le Chauve aurait-il eu besoin de les consulter, s'il n'avait voulu les associer aux garanties que naturellement il était libre de prendre contre sa propre famille. Ce qu'il souhaitait évidemment, c'était un engagement analogue à celui que l'aristocratie avait pris plus d'une fois, à Saint-Quentin par exemple, (857) : « Nos fidèles nous ont dit qu'ils étaient prêts à nous aider à maintenir entre nous l'union qui doit exister entre un neveu et son oncle. Nous l'avons examiné (invenimus) avec