‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 139 sur 326 · Art. 9, p · texte numérisé non relu

Art. 9, p

Art. 9. Filius noster ordinet.

Art. 10. Suos honores, prout voluerit, valeat placitare.

Art. 1 1. Non facile credatur, sed conveniant.

Art. 12. De eleemosyna eleemosynarii nostri decertent.

Art. 16. Videtur nobis ut.

Art. 17. Adalardus remaneat.

Art. 18. Comités prasvideant.

Art. 19. Filius noster studeat copiprimere.

Art. 20. Ut filius moretur.

Art. 21. Ut nemo despiciat.

Art. 22. Monendum et hortandum ut.

Art. 2 5. Ut pergat Willebertus.

Art. 26. Ut castellum perficiatur.

Art. 28. Ita permaneant, sicut statuimus.

Art. 33. Ut Adelemus sciât.

Voilà dix-huit articles dans lesquels Charles le Chauve exprime une décision arrêtée, dans la forme accoutumée : decernimus, videtur nobis, monendum ut> ou bien au subjonctif simplement précédé ou non de ut. C'est toujours ainsi qu'il ordonne et jamais autrement.

Voici maintenant dix articles en forme d'interrogation qui ne présentent point de solution, si les grands consultés n'en fournissent une eux-mêmes.

Art. 3. Ut taies a vobis eligantur quorum speciali consilio in prxsenti itinere utamur. L'Empereur donne l'ordre de choisir, mais il laisse la liberté du choix. C'est une question à régler.

Art. 4. Quomodo securi esse possimus '. Il demande les moyens d'être assurés de la paix de son royaume. C'est si bien une question que dans leur réponse les grands lui indiquent ces moyens : « Sunt « sacramenta quae nobis fecimus; est professio quam fecimus; est per-

1. M. Fustel s'est refusé à voir dans ce quomodo un interrogatif et m'a reproché de m' être laissé prendre aux apparences. Suivant lui, le verbe qui suit étant au subjonctif, il faudrait y voir un relatif, le synonyme de ut. Or, je remarque dans le Capitulairt apud Valent ianas (85 3) art. S, le relatif q uod indiquant une rubrique, dans le sens de ttf, suivi de l'indicatif : quod volumus (éd. Krause, t. II, p. 75). Et de même (capit. ap. Confluantes, 860 : confirmatio seniorum) quod dans les mêmes conditions précédant le verbe être au futur présent : quod adjutores erunt (éd. Krause, p. 299). Voila donc des textes de l'époque de Ch. le Chauve où quod, synonyme de ut, employé comme rubrique est suivi de l'indicatif. Je ne peux donc pas affirmer la correction du latin de Charles le Chauve comme le fait M. Fustel de Coulanges, mais je remarque que le texte qu'il cite, le seul favorable a son opinion, n'est pas de l'époque de Charles le Chauve, mais de Charlemagne : capitul. de 802. Enfin je ferai remarquer qu'à l'article 5, immédiatement à la suite, quomodo est placé, avec le même sens, devant l'indicatif (ttcuri sumus) et non plus le subjonctif. Les raisons grammaticales me paraissent donc de peu de valeur. De la réponse des grands rapprochée du texte royal, il ressort, pour moi, nettement que le roi a interrogé : « comment pourrons-nous être sûrs ? »

L'ASSEMBLEE DE QUIERZY-SUR-OISE i 4 5

« donatio quam dominatio vestra subscripsit, et est profcssio et sacraif mentum; est etiam professio. »

Art. 5, 2 e partie. Quomodo securi $umu$ y même forme.

Art. 6. Quali salvamtnto aut adjutorio consistere debeant 1 . C'est une question encore, puisqu'elle appelle cette réponse de l'aristocratie : « Nous prêterons secours à vos filles. »

Art. 7. Quomodo nepotibus plenissime resistatur.

Art. 8. Considerandum quid txindt agatur : « Il faut considérer ce qu'il y aura à faire dans le cas où ... » L'article royal n'a plus même ici la forme d'une question : c'est une mise en délibération pure et simple *.

Art. i3. Inveniendum quaUm partent imperii filius noster sptrart dtbtat : même remarque. « Il faut trouver ce qu'on devra faire espérer de l'empire à notre fils au cas où ». Ce n'est pas non plus seulement une question, c'est une invitation à examiner, non la succession au trône, mais le partage de l'Empire. L'Empereur n'indique même pas, par des interrogations précises, une solution : il ouvre un chapitre de discussion 3 .

Art. i5. Qualiter et quo ordine filius in hoc regno remaneat, et qui debeant esse quorum auxilio utatur , videlicet (et les noms suivent). L'article se compose d'une double question : la première qui reste à préciser, la seconde à laquelle le roi a déjà préparé une réponse 4 .

1. J'opposerai ici les mêmes arguments à l'opinion de M. Fustel de Coulanges.

2. M. Fustel de Coulanges avoue enfin que ce passage est bien une question. Mais il ajoute cette réserve ((au moins dans la forme ». Faut-il entendre par la qu'en posant la question le roi faisait et imposait la réponse comme un ordre? Mais ce n'est pas le cas. L'Empereur dit : « Que fera-t-on pour les honores qui vaqueraient avant mon départ ? » Rien de plus. Où peut -on voir là je ne dis pas un dessein, mais une intention même de Ch. le Chauve?

3. M. Fustel de Coulanges, p. 428, m'a reproché de donner ce sens au mot invenire, et de disserter longuement pour l'établir. J'ai consacré vingt lignes de mon étude (p. 49-50), avec des preuves empruntées aux capitulaires de Ch. le Chauve, à vérifier le sens de ce terme. Je crois pourtant, aujourd'hui comme alors, et pour l'avoir examiné avec soin, que c'est là le véritable sens du mot inveniendum à rapprocher de considerandum. L'explication proposée par M. Fustel de Coulanges me paraît difficile à accepter. Inveniendum, dans le sens de « on devra trouver, on trouvera certainement au moment opportun, » ne peut s'admettre : Ch. le Chauve aurait dit : Invenietur, ou quxrendum est a la rigueur. Et pourquoi surtout imaginer un sujet sous-entendu, ce prxceptum regale t dont parle Hincmar, mais dont le texte ne parle pas, quand il est si simple de traduire ce mot comme un verbe absolu : « il y a à trouver, à considérer comment?* L'explication la plus simple, la plus près du texte, la plus conforme à la grammaire, n'est-elle pas celle qui s'impose? Je demeure de cet avis, mais il faut avouer qu'elle oblige à voir dans l'article 1 3 une question formelle.

4. Pour M. Fustel de Coulanges, le qualiter de cet article n'est pas interrogatif. Et la raison qu'il en a donnée, c'est que dans la suite de cet article, Ch. le Chauve par le terme videlicet commence la liste des conseillers intimes qu'il destine à son fils (voir p. 4S0, note 2).

Je conviens absolument que sur ce dernier point le roi fait ici la réponse en même temps que la question, et qu'une question de ce genre est bien près d'être un ordre. Mais je fais remarquer que la question de Cb. le Chauve est double, qu'il demande d'abord d'une façon générale les mesures à prendre pour le gouvernement de son fils, quo ordine remaneat filius noster, et

Art. 23. Qualiter regnum a fidelibus nostris recipiatur : mise à l'étude des moyens de reprendre l , etc.

Art. 27. Qualiter et a quibus instaurentur castella : même forme et objet du même genre.

Art. il. In quibus palatiis filius noster morari non debeat.

Quoique, sur ce point, l'Empereur paraisse demander une réponse, il limite, par la suite de l'article, les lieux à désigner si étroitement que sa question est à peu près l'équivalent d'un ordre.

Restent enfin trois articles : 24. De regno Aquitanico. 29. De monetis. 3i. De honoribus Bosones et... de cappis. Sommaires ou titres, plutôt que décisions ou matières à discussion, difficiles à classer d'une manière ou d'une autre, par leur nature même.

Sur les trente-trois articles qui nous ont été conservés, dix-huit sont présentés sous forme impérative, dix sous forme interrogative. Il n'y a pas la moindre illusion à les distinguer ainsi par leur aspect, pour ainsi dire, extérieur. Dans le fond, ils ne diffèrent pas moins. Ici le roi décrète (vult, monet, decernit, ei videtur) ; là il invite à la délibération (inveniendum, considerandum). Ce qu'il a résolu est défini , c'est-à-dire rédigé. Ce qu'il propose à l'examen des grands n'est pas défini, parce qu'il est de règle dans le langage du temps et dans la pratique de tous les temps que Vinventio (recherche de la loi, examen) précède la rédaction, definitio 2 .

L'étude du texte, les indications du copiste, les termes mêmes des rédacteurs, tout nous autorise à conclure qu'il y a eu dix matières au moins soumises à l'examen des grands par l'Empereur le 14 juin 877.

Ce point essentiel établi, il est clair que la façon de traiter ces dix sujets est de nature à nous éclairer sur les intentions, à nous faire pénétrer dans les délibérations mêmes de l'assemblée. Voyons les réponses des grands aux art. 3, 4, 5, 6, 7, 8 :

« Ce que vous avez réglé pour la défense de votre royaume et la

qu'il n'en propose aucune. Il se borne a désigner les personnes qu'il désire associer à ce gouvernement en son absence. Et il laisse l'assemblée libre d'en régler la forme et Tordre.

1. « Ce n'est pas une question, a dit M. Fustel de Coulanges, (p. 433, note 3): C'est un ordre.» M. Fustel n'a point ici donné les raisons de son opinion. Il est vrai qu'il a corrigé ce qu'elle avait de trop absolu, aussitôt, en ajoutant : « C'est au moins une invitation à agir. » J'y vois toujours une invitation à examiner les moyens de recouvrer la Bretagne, je n'ai pas d'autre raison à en donner que le qualiter qui me paraît bien un interrogatif.

2. J'ai montré par le détail des articles, et l'examen des explications qu'en a données M. Fustel de Coulanges pourquoi je ne pouvais me ranger à l'opinion qu'il formule ainsi sur leur nature et leur portée : « Ces articles sont une série d'instructions et d'ordres. D'un bout à l'autre, à l'exception de l'article où il parle des évêques, il parle en maître, chaque verbe qu'il emploie est au mode du commandement. » (P. 4 S 9.) Je persiste à croire, comme nous y invite l'auteur du manuscrit qu'il y a deux sortes d'articles très différents, les uns réglés (definita) par le roi, les autres laissés à l'examen des grands : « De quibus responderi ustit ».

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