‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 148 sur 326 · LA FAMILLE D'EVRARD MARQUIS DE FRIOUL · texte numérisé non relu

LA FAMILLE D'EVRARD MARQUIS DE FRIOUL

il possédait en tout cas par sa femme, des propriétés dans le nord de la France. Il voulait s'emparer de l'abbaye de Cysoing et empêcher le transfert des reliques à Reims ; il trouva un auxiliaire en Dodilon, évèque de Cambrai, qui avait été chargé par Foulques d'accompagner les reliques d'Arras à Saint-Quentin et qui, au lieu de cela, les avait arrachées à ceux qui les portaient et les avait transportées à Cambrai pour les donner à Hucbald 1 .

D'après ce récit, Hucbald devait exercer les fonctions de comte non loin de Cambrai, mais toutefois dans le royaume d'Eudes 2 ; de plus, il était ennemi de Foulques, le chef du parti carolingien et le protecteur de Charles le Simple, donc très probablement il était partisan d'Eudes 3 . C'est ce que sont venus confirmer deux diplômes du roi Eudes, dont nous n'avons malheureusement que des fragments 4 .

Par l'un de ces diplômes 5 , à la demande de l'abbé du lieu auquel s'étaient joints son frère Robert et le comte Hucbald, Eudes confirme les privilèges concédés antérieurement à l'abbaye de Saint- Maur-des-Fossés et tout spécialement l'union à cette abbaye du monastère de Saint-Maur-sur-Loire. Il n'est pas possible d'assigner à ce diplôme une date précise.

Dans un autre diplôme, Eudes, à la prière du comte Hucbald, concède à l'abbaye de Montiéramey (diocèse de Troyes) le domaine de Nogent-sur-Aube 6 . Ce diplôme est daté : « Anno VII régnante » Odone gloriosissimo rege. Actum Flaviniaco monasterio. » En 894, qui est la septième année de son règne, Eudes ne peut avoir séjourné à Flavigny, abbaye qui tenait son parti 7 , qu'à la fin de

t. Flodoard, 1. IV, c. 6, Mon. Gtrm., SS., t. XIII, p. 569. Du reste cette opposition d'Hucbald fut vaine, comme le prouvent deux passages de Flodoard, 1. I, c. 7 et 1. IV, c. 8, ibidem, p. 420 et 57).

a. Cambrai ne faisait pas partie du royaume d'Eudes.

S. Rien n'autorise à identifier avec cet Hucbald un Hubaldusdont parle Liudprand dans son Antapodosis, 1. I, c. 21, dans les Mon. Gtrm., SS., t. III, p. 281.

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