‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 155 sur 326 · Buile du 12 janvier n85 ; Potthast, n° a a · texte numérisé non relu

Buile du 12 janvier n85 ; Potthast, n° a a

4. Cod. diplomaticus majoris Polonix, t. I, n° 616 : « Subintrantibus eciam tam militibus « quam coloois Tbeutooicis in Poloniam et occupantibus villas et alia loca que Poloni possède- « runt et eiinde de singulis capitibus solvebant censum Romanae ecclesie, videlicet denarium « sancti Pétri, quem ipsi Theuthonici tam milites quam coloni penitus solvet* contradicunt et sic « ecclesia Romana privatursimiliter jure suo ».

La lettre en question n'est pas, comme on le croit, du 17 janvier 128S (1286 si on commence l'année au i er janvier). Il y a une faute dans la date et on doit lire MCCLXXXVII au lieu de MCCLXXXV. En janvier 1286, le Saint-Siège n'était pas vacant, et les cardinaux auxquels la lettre est adressée sont ceux qui présidaient l'Eglise romaine pendant la vacance qui suivit la mort d'Honorius IV et qui dura du S avril 1287 au a a février 1288.

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redevance a son origine et sa raison d'être dans la condition de la terre de Pologne : « La terre de Pologne, dit l'archevêque au début de sa lettre, est spécialement soumise à l'Église romaine, et, en signe de cette sujétion, une certaine redevance, qu'on appelle le Denier de saint Pierre, est payée par tous ceux qui y demeurent 1 ».

La condition de la terre entraînait ainsi la condition des hommes. Les sources mentionnent tout d'abord l'obligation imposée en Pologne à toute famille ou maison de fournir chaque année à saint Pierre, pour subvenir à l'entretien du luminaire de son église, soit un denier, soit deux mesures d'avoine 2 . La redevance s'accroît ensuite ; elle s'élève bientôt à trois deniers : mais il demeure toujours possible de s'acquitter en nature en fournissant un crible d'avoine 3 , et le maintien d'une telle faculté témoigne encore du caractère originel de la subvention qu'on paie au Saint-Siège. Ce n'est que peu à peu, et sans doute pour rendre le cens plus productif, qu'on étend à tous les individus une obligation qui, originairement, ne pesait que sur la maison ou la famille.

Dans sa lettre écrite aux cardinaux en 1288 4 , l'archevêque de Gnesen insistait déjà sur cette idée qu'en Pologne le cens était universel (de omnibus personis ibi degentibus, de omnibus capitibus). Les premières années du xiv e siècle virent la théorie passer dans la pratique et le Denier de saint Pierre devenir une redevance personnelle. Les Annales de Miechow attribuent à l'année 1 3 1 8 ce changement dans l'assiette du Denier : « Cette année-là, disent-elles, le cens de saint Pierre subit une transformation, c'est-à-dire qu'on commença à payer un denier par tête, tandis qu'auparavant on payait par famille trois

1. « Cum terra Polonie Romans ecclesis specialiter sit subjecta, incujus subjectionis indi- « cium certa pecunia de personis singulis in eadem degentibus persolvitur, que dicitur denarius « sancti Pétri, non immerito nos, tanquam spéciales filii ejusdem ecclesie, ad vestre sanctitatis « patrocinium... duximus cum pleniori fiducia recurrendum. »

Dans une bulle d'Urbain IV, du 3o mai 126a, on lisait déjà : « Terra Poloniae ad Romanam ecclesiam nullo pertinet mediante ». — Urbain IV avait été lui-même légat en Pologne.

Et sous Urbain V (le 29 avril 1364) le roi Casimir III se disait encore « Sancte Romans « ecclesis cum suo regno immédiate subjectus » Reg. suppl. Urbani V, n° 40, fol. lia v° t aux archives du Vatican).

2. Chronicon Polono-Silttiacum (Mon. Germ. Script., t. XIX, p. S 3 9) : « Ut singulis annis « de singulis familiis unum denarium cum impressione capitis sancti Johannis vel duas mensuras « avene darent sancto Petro Romepro lumine ». Cf. Vita major sancti Stanislai (Mon. Pol. hist. t. IV, p. 382 ; Mon. Germ. Script., t. XXIX, p. 509, I. 36-39); Chronica principum Polonix(Mon. Pol. hist. t. III, p. 446).

Dans les pays Scandinaves, c'était aussi la maison ou le foyer (singuli quique lares) qui constituait l'unité imposable pour le Denier de saint Pierre.

Pour l'Angleterre, voy. les lois de Kanut et d'Edouard le Confesseur. Il en était de même pour Alexandrie, les Deux-Siciles, etc. — Cf. Zeitschrift fur Social und Wirtnschaftsgeschichte, 1896, p. 4S7.

3. Annales Miechowienses (Mon. Germ. Script., t. XIX, p. 669) : «Cum prias solverentur « très denarii de familia aut criblum avene. »

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