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LA POLOGNE ET LE SAINT-SIÈGE DU X* AU XIII e SIÈCLE 17S

deniers ou un crible d'avoine l ». Dès Tannée 1 3 19, nous trouvons à Avignon Bertold de Ratibor qui vient, au nom des princes de Silésie, protester contre l'interdit qui a été jeté sur leurs terres à la suite des difficultés soulevées par l'application du nouveau régime 2 . Et c'est à ce nouveau mode de perception que fait encore allusion une curieuse lettre adressée en 1)24 par Henri, duc de Posen et de Glogau, au pape Jean XXII: « Denariumvcro sancti Pétri, licet modo insolito txigatur, ipsum tamen ego et fratres mei in signum obedientix, qua sanctissimx paternitati vestrx ac apostolicx sedi immédiate nos recognoscimus esse subjectos, in omnibus terris et districtibus nostris solvendum mandavimus reverenter 3 . Ce sont toujours les peuples qui paient, mais ce sont les princes qui ordonnent ou autorisent le paiement ; ils en sont moralement responsables devant le Saint-Siège et la redevance continue à être le symbole de l'obéissance que doivent les princes à un pouvoir dont ils relèvent directement, eux et leurs États.

Au siècle suivant, Jean Dlugosz, dans son Histoire de Pologne y insérait, sous l'année 1 3 18, la notice suivante : « Solutio denarii sancti Pétri pro lampadibus, per Kazimirum primum regem Poloniae repromissa, collectoribus apostolicis agentibus, innovata est. Licet enim ex exordio institutionis ipsius de domo et familia quolibet très tantummodo denarii usuales et avenx cribrum solverentur, hujusmodi tune consuetudine abrogata sancitum est ut de quolibet capite coloni et rusticani homines unum denarium annuatim exsolvant usualem, que etiam in diem hanc et usque in xtatem nostram continuatur 4 » .

Ce témoignage a une particulière importance. Ainsi le Denier de saint Pierre conservait encore au xv e siècle la marque indélébile de son origine : seuls les colons et les paysans, c'est-à-dire ceux qui vivaient directement sur la terre, y étaient astreints. Cela complète la physionomie de l'institution dont nous avons essayé d'esquisser l'histoire. Pareil fait se rencontre pour le Denier de saint Pierre en Angleterre ; dès la fin du xn e siècle, seuls les serfs attachés à la glèbe étaient tenus à payer le Denier 5 . L'institution a eu dans l'un et l'autre pays

1. Mon. Gtrm. Script., t. XIX, p. 669. — Cf. Annales Lubictnsts (Mon. Germ. Script. t t. XVI, p. 43s, I. 18- 3 1; chronique d'Aula Regia, dans Dobner, Mon. hist. Bohem., t. V, p. 379-380.

a. Voyez sur cette affaire une longue et intéressante note de Wattenbach (page 77), dans le tome V du Codex diplomaticus Silcsist, 186a. — Cf. Grûnhagen, Kônig Johann von Bœhmen und Bischof Nanker von Bretlau, dans Sitzungsberichtc de l'Académie de Vienne, 1864 (t. 47, p. 1 3), etMaydorn, Der Peterspfennig in Schlcsien bis in die Mitte des XIV. Jahrhunderts, dans Zcitschrift fur Gesch. und Alterth. Schlesicns, 188 3, t. XVII.

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