‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 162 sur 326 · Voir notamment aux fol. 56, 1 S 3 , 154, 193, 194 v · texte numérisé non relu

Voir notamment aux fol. 56, 1 S 3 , 154, 193, 194 v

MESSE GRECQUE DE SAINT DENYS i83

Fol. 1 57 v°. In fcsto sancti Dyonisii Areopagile Epistola. IIpà£e<i)v twv àyiwv àiro(rr<5X(ov t6 àvàyvo(T|JLa. 'Ev raïç Tjjjiépaiç extvatç <rrQtÔ7jç 6 IlauXoç...

Fol. i58v°. In die sancti Dyonisii Euvangelium . So^pta ôp[8]7j, àxoufftofjiev ex tou xorcà Aouxàv àyi'ou EuayYeXfou to àvàyvoo-ji.a. T<j> xai'pa> exeivio ïffTTrj 6 '1^- <xou; ktii totcou ireoïvou...

Fol. 159. //em, Euvangclium. Eo^-rça opÔTj, àxou<x(*>[jiev ex tou xarrà Marôéov iyiov Eùay^eXfou to àvàyvoo'jJt.a. Tco xai'po> exe(va> TjxoXouÔTjsav tôj 'Yktou..»

[Puis, en écriture plus récente, les deux textes suivants :]

Fol. 1 59 v°. 'Ex toïç pfêXou T7) Eo^piaç; to àvaYvcoajJLa. Maxàpioç àvyjp... '

Ibid, 'Ex tou xaTa MaTÔlov àyiou Eûay^eXiou to àvctYvocji.a. [K]aTajxaÔeTat Ta xp(va tou ttypou...

Ce sont là des Épîtres et Évangiles grecs pour les grandes fêtes de l'année suivant l'usage de l'ancien Ordo romanus, et la fête de saint Denys a été naturellement comprise au nombre de ces grandes fêtes 2 . Quant à l'insertion de ces textes grecs dans cet ancien manuscrit latin des Évangiles, il faut sans doute l'expliquer par le désir des moines de Saint-Denys de faire remonter à une plus haute antiquité un usage peut-être récemment introduit dans l'abbaye 3 .

Quoi qu'il en soit, il ne semble pas qu'on doive fixer avant le milieu du xvi c siècle la rédaction de la messe grecque de Saint-Denys, au moins telle qu'elle a été imprimée 4 . Dès 1625, J. Doublet, dans

1. Cf. Sap. Sirach, XXXIV (XXXI), 8-1 1 ; texte traduit en grec sur la Vulgate latine.

2. Le Cérémonial de Saint-Denys cité plus haut mentionne (fol. 16) les cinq grandes fêtes de Noël, Pâques, la Pentecôte, l'Assomption et saint Denys; mais, sauf pour l'Octave de saint Denys, on n'y trouve aucune mention de la lecture du texte grec des Épîtres et Evangiles de ces fêtes.

3. Une « lettre [s. d.] de l'Eglise grecque au vénérable archimandrite de l'abbaye royale du trois fois bienheureux Père Denys en France », au sujet de la lecture de ces textes en grec et en latin, et dont une traduction a été publiée dans Saint Denys l'Aréopagite, par l'abbé Vidieu (Paris, 1889, gr. in-8 u , p. 416), n'offre aucun caractère d'authenticité.

4. A la fin de l'Avertissement, mis en tête de la Messe greque, en Vhonneur de S. Denys, dans les deux éditions de 1777 et 1779, 0D '** ' " Pendant l'impression de cette Messe, l'ab- « baye de S. Denys nous a communiqué un manuscrit grec, où se trouve une partie de la « messe greque de S. Denys, révisée par le célèbre Guillaume Budé, qui a mis à la fin une « lettre signée et paraphée de sa main. Il mourut en 1540. Celte messe est différente de celle « qu'on chante aujourd'hui : mais c'est d'après ce manuscrit, que nous rétablissons dans le • symbole ces deux mots, Kal icpoaobxû), Et expecto, au lieu de IIpocroox&iAev, Expectamus, qui « s'étoit glissé dans l'édition de 1 658. » Ce manuscrit ne semble présentement être conservé dans aucune bibliothèque publique de Paris ; quant à la correction indiquée à la fin de cette note, elle ne peut servir à identifier le manuscrit : toutes les copies du Symbole grec dans les manuscrits cités précédemment portent la leçon itpoodoxco.

Au sujet de la lettre de G. Budé, mentionnée par la même note, on peut rappeler que le premier maître de grec de Budé, Georges Hermonyme de Sparte, a copié la vie de saint Denys ^e Michel le Syncelle sur l'exemplaire même de la bibliothèque de Saint-Denys (ms. grec 933); la copie forme le ms. grec 93a. Cf. Georges Hermonyme de Sparte, dans les Mémoires de la Société de Vhistoire de Paris (i885), t. XII, p. 94.

son Histoire de V abbaye de S. Denys\ mentionne que « le jour de l'Octave de la feste de sainct Denys, Ton chante toute la messe en grec. * On n'a point jusqu'ici de texte de cette messe plus ancien que celui qui a été imprimé en i658, sans un mot d'avertissement qui puisse renseigner sur l'auteur de l'édition, sous le titre de : Missa in Octava S. Dionysii Areopagitz et sociorum martyrum, ad usum regalis ecclesix ejusdem S. Dionysii in Francia, ordinis S. Bencdicti, Congregationis S. Mauri 2 .

Cette messe ne dérive point de celle qui était chantée à Saint-Denys au xm e siècle, il suffit pour le constater de se reporter à l'extrait du Cérémonial publié plus haut. C'est une simple traduction de l'office latin, faite sans doute par un moine de l'abbaye à l'imitation des petites Heures de la Vierge, publiées par les Aide et les Estienne dès la fin du xv e et au xvi e siècle 3 . Les quelques manuscrits qu'on en possède datent tous du xvm e siècle et sont en complet accord avec le texte imprimé. Il y en a deux à la bibliothèque Mazarine, qui l'un et l'autre ont servi à la célébration de la messe grecque à Saint-Denys : le premier (ms. 452) 4 , pour l'officiant; le second (ms. 4465) 5 , pour léchant au lutrin. La copie qui se trouve à la Bibliothèque nationale sous le n° 17182 (fol. 36*° 45) semble avoir été faite sur l'imprimé; A.-J.-H. Vincent en possédait aussi un exemplaire, daté de 1764, qui a figuré au Catalogue de vente

1. Paris, i6a5, in-4 , t. I, p. 366; cf. p. 36 1 : « Es festes solennelles l'on chante double Epistre et double Evangile, une Epistre en grec et une en latin, une Evangile en grec et une en latin, et ce en commémoration de Papostre de France, sainct Denys l'Aréopagite, qui estott grec de nation, lequel repose en l'église. » — On peut rapprocher de cet extrait de l'Histoire de Doublet les deux passages suivants du Mémorial de G. Chartelier, conseiller au parlement de Paris, publiés (d'après le ms. français 443 1, fol. 116 et 219 v°) par M. P. Guilhiermoz, dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris (1888), t. XV, p. 174 et 1 79 :

« Le vendredi xviu e jour de may l'an 1S09,... la court [de Parlement] alla en l'église

• rnons 1 * Sainct Denis en France. . . La messe fut chantée par ledit evesque d'Amiens. L'Epitre

• en l'Evangile furent dites en grec et en latin. L'Epitre et l'Evangile en grec furent dites en « bas, devant ledit maistre auter ou celebroit ledit evesque.. .

« Vendredi premier jour de juin 1S09, la court [de Parlement] assemblée. . . le lendemain, « qui fut le samedi n° jour du dit mois de juin, la court fut à mons r Sainct Denis... La « messe fut chantée des benoistz martirs, Intrtt in conspectu tuo. Domine, k l'auter sur lequel est « le corps mons r sainct Loys. . . Les Epistre et Euvangile furent dits en grec et en latin... »

3. Parisiis, ex officina Roberti Ballard, unici regist musiat typographe i658, pet. in-4*, de 3o pages. Il n'y a que le texte grec, avec la musique notée; à la fin est ajouté sur an feuillet séparé le texte grec avec musique de la Benedictip pontificalis in fine Missx qust grstcè cantatur in die Octava SS. mart. Dionysii et soc. (Bibl. nat., Imprimés, inyent. B. 2640.)

3. Venise, Aide, 1497, in-16; réimprimées en iSo5, i5ai, 157a, 1S81 et 1587 par les Aides; François Estienne en a donné une réimpression à Paris, en 1543. Un Officium beat* Marix virginis, avec différents hymnes et prières en grec et latin, a été dédié au pape Clément VIII par Federic Morei, en 1 585 ; il y en a une édition de Paris, 1616, in-16.

4. Voir Catalogue des mss. de la bibliothèque Aîazarine ( 1 885), t. I, p. 175.

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