‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 165 sur 326 · DES · texte numérisé non relu

DES

Par G. DE MANTEYER

Pour éclairer l'origine des pairs de France, le mieux est de déterminer, tout d'abord, ce qu'étaient, en réalité, les six pairs laïques.

Le mot pares au moyen âge a eu des acceptions successives qu'il faut rappeler. Désignant primitivement des hommes pareils ou égaux, ce mot, comme le montrent les exemples fournis par M. Lot ! , définit, depuis le vi° siècle au moins, deux ou plusieurs personnes unies par un contrat d'où découlent des obligations réciproques, sans que nécessairement ces personnes soient de même rang social. Ainsi sont dits pares : un mari et sa femme, des parents qui se doivent assistance, deux rois liés par un traité, des grands groupés pour la défense de leurs intérêts, puis enfin un seigneur et son vassal 2 . En conséquence, dès le ix° siècle, le roi et l'un quelconque de ses vassaux directs sont certainement pares l'un de l'autre ; de plus, les vassaux directs du roi étant seuls liés envers lui par le contrat de fief, il est évident que, seuls, ils peuvent se dire ses pares et cela en vertu de ce contrat. Ils n'entendaient pas par là être ses égaux : l'obligation à des droits et à des devoirs réciproques était pareille pour chacune des parties, voilà tout. D'ailleurs, en dehors du roi, chaque seigneur ayant des vassaux particuliers, il devait y avoir autant de séries de pares que de seigneurs différents.

i . Quelques mots sur l'origine des pairs de France, par Ferd. Lot (Revut historique, t. LIV, 189$).

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