Lot, pp. 4-5 du tirage à part
Puis, la preuve existe que, dès le xi e siècle 1 , d'autres textes, en se rapprochant du sens primitif du mot, expriment une idée nouvelle, conséquence de ce qui précède. Désormais, tous les principes regni qui, naturellement, sont vassaux directs du roi peuvent, bien qu'ils ne soient pas liés entre eux par un contrat d'où découlent des obligations, se dire pares les uns des autres, et cela, parce qu'ils sont tous semblablement liés vis à vis du roi : cette situation commune les place au même degré de la hiérarchie féodale, et les rend, par une suite compréhensible, tous égaux entre eux. Il est possible ainsi de concevoir autant de séries d'hommes féodalement égaux qu'il devait exister de séries particulières de pares dépendant, chacune, d'un seigneur différent.
Enfin, après cette deuxième classe de textes qui prêtent à la confusion, — car, quand ils expriment que deux hommes sont pares, ils ne disent pas à quelle série de pares ils appartiennent, c'est-à-dire de quel seigneur ils dépendent directement, — M. Lot arrive aux textes du xm e siècle, qui, eux, sont parfaitement clairs. Ces textes distinguent chacune des séries de pairs existantes, en indiquant le pays particulier où chacune de ces séries existe. Ils parlent des pares Francise 2 c'est-à-dire des pairs du royaume, ou bien des pares Flandrix 3 c'est-àdire des pairs 'de la province de Flandre. De même, on aurait en Bourgogne les pares Burgundix, etc. Donc, plus d'ambiguité possible : les premiers sont vassaux directs du roi, les seconds vassaux directs du comte de Flandre et, par conséquent, arrière-vassaux du roi.
Au mois de juillet 1216, c'est pour la première fois, selon M. Lot, un fait positif que la cour des douze pairs de France existe 4 . Cette affirmation courante de l'existence d'une cour des douze pairs ne semble pas rigoureusement exacte : de droit, ils étaient membres de la Curia régis, et, comme le remarque M. Lot, ils n'y siégeaient pas seuls ; leur présence n'y était requise que pour des affaires concernant la personne du roi ou celle de l'un d'eux. La cour était alors « garnie de pairs » ; mais jamais il n'a existé une cour des douze pairs de France en dehors et au-dessus de la cour royale 5 . Ainsi, le seul fait qui soit