‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 173 sur 326 · Valenciennes · texte numérisé non relu

Valenciennes

6. Il est possible qu'il ait existé des seigneurs, avoués ou châtelains tels que Girart de Gironville (m, nî), Geoffroi et S a va ri de MarsaJ (m, 181), Jousseaume de la Neuville (111, 148), Bérenger de Montil (m, 147), etc , mais je n'ai rien pu trouvera leur sujet. De même pour le « preux Savari ». Il est dit (m, 190) de « Mallion ». Comme le plus souvent il est nommé à côté des seigneurs de Lusignan (1, 29S) de la Rochelle, du comte de Poitiers (11, 162) tout donne à penser que « Mallion » n'est point le chef -lieu d'arrondissement des Basses-Pyrénées, mais Mauléon en Poitou (aujourd'hui Chàtillon-sur-Sèvre, Deux-Sèvres), Il ne peut s'agir du fameux troubadour, sénéchal de Poitou, mort en 1233, mais de quelque ancêtre de celui-ci. Dans une thèse de l'École des Chartes consacrée à ce personnage M. Chilhaud-Dumaine avait dressé une généalogie de la famille de Mauléon de 1 1 35 à 1262 (Voy. Positions des thèses de l'École des Chartes, 1877), mais ce travail est resté inédit. En consultant les divers cariulaires édités dans la Collection des Archives historiques du Poitou on peut s'assurer que le nom de Savari est assez fréquent en cette région aux xi° et xu e siècles.

L'ÉLÉMENT HISTORIQUE DE GARIN LE LORRAIN ao3

seaume » en vieux français, du x e au xn e siècle l . Nous pouvons donc attribuer le nom d ? « Aleaumes » à une confusion au reste facile. De même il est permis de supposer que « Robers qui Herison tint » (i, 148) a pris la place d'un Roger, seigneur d'Hirson, de 1 1 26 à 1 1 35 2 . Certaines identifications, pour être hasardeuses, ne sont peut-être pas dénuées de tout fondement. J'incline à reconnaître dans « Forque qui tint Aunis » (11, 161) et dans « Gosse qui tint Aunis» (1, 295), Foulques le Réchin, comte d'Anjou (1067-1109), et son oncle Geoffroi Martel (1040- 1060) qui possédèrent la Saintonge, y compris sans doute l'Aunis. « Gosse » serait peut-être la forme hypocoristique de Gaufrcdus = Geoffroi. De même serait-il trop téméraire de voir dans « Joscelin de Mâcon » (1, i85) le comte Geoffroi qui régna de 1049 environ jusque vers io65? — Néanmoins toute explication doit être écartée pour un certain nombre de personnages visiblement fictifs. Il n'y a jamais eu (avant le xin e siècle) de comte d'Auvergne du nom de Baudouin (1, 25o), de comte ou sire d'Avallon (1, 86) appelé Gautier 3 ; point de sires de Braine du nom de Garnier (1, 5i), de sires de Chauni du nom d'Alleaume, Antiaume ou Berenger 4 (1, 148, 238, 294; ni, 160, 178); point d'Henri de Clermont (1, 162, 294) 5 ; de Garnier de Dreux (m, 77), de Jociaumes et de Gondrin de Limoges (u, 162) 6 , de Geoffroi de Lusignan 7 , de Henri de Montaigu en Laonnois (1, 137, 141) 8 , de Garnier ou Gérart ou Josselin de Montdidier (1, 162, 294; 11, i5i) 9 , de Tierri de « Neele » (1, i63) IO ,

1 . L'un de ces seigneurs nous est particulièrement connu par sa participation à la première Croisade, dont sa lettre à l'archevêque de Reims, M a nasses, écrite au lendemain du siège d'Antioche, forme une des sources les plus intéressantes. (Voy. Historiens occidentaux des Croisades, m, 893). C'est bien à tort que M. G. Paris corrige Anselm en Ansel le nom de ce personnage dans la Chanson d'Antioche provençale (Romania, xix, 579, note 7). Non seulement sa lettre porte Anselmus, mais encore plusieurs témoignages montrent que ce nom était héréditaire chez les sires de Ribemont. Voy. Mellevitle, Dictionnaire historique du département de F Aisne, 11, 277.

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