Art de vérifier les dates , Comtes de Rethel
a. Voy. Dumont, Histoire de la ville de Saint-Mihiel (Paris, 1860*62» 4 vol. gr. in- 8°) et abbé Clouët, op. cit., 11, 91.
3. Selon dom Calmet (i, cxcv; 11, 117, 119), dont VArt de vérifier combat l'opinion, H aurait quelque temps succédé à son père et serait mort seulement en 11 55. Par suite, il mériterait d'être cité au nombre des comtes de Bar.
4. Ce personnage semble du reste emprunté à la Chanson de Roland qui l'appelle plus justement Thierri duc d'Argon ne y v. 3o83, 3 5 34. Mais, si ce rapprochement est exact, que devient l'opinion traditionnelle qui place la Chanson de Roland au xi c siècle? II faudrait admettre alors une interpolation. Thierri d'Ardenne apparait encore dans le poëme de Basin perdu en français mais connu par une double imitation néerlandaise et Scandinave» Voy. G. Paris. Hiitoire poétique de Charlemagne, p. 3 20.
bourg, Limbourg, Strasbourg. Trois vers mis dans la bouche de Bègues confirment cette attribution :
On soloit dire qu'estoie fis Hcrvi
Le Loherenc qui les mons d'Aussai tint
Et val Saint-Dyi, la ou U argens git (n, 98).
Ainsi les monts d'Aussai sont près de Saint-Dié. Ce sont visiblement les Vosges 1 . 11 est dès lors permis de voir dans « Thierri des monts d'Aussai » Thierri V le Vaillant, sire de Vaudémont et duc de Lorraine (de 1070 a iu5), fils de Simon comte en Alsace. Ce personnage possédait certainement la petite forteresse de Bitche, perchée dans la montagne, puisqu'il la transmit à son second fils Thierri, qui fut sire ou comte de Bitche avant de succéder à Charles de Danemark dans le comté de Flandre, en 1 1 28. C'est sans doute à l'origine alsacienne de cette famille 2 et à cette possession dans les Vosges que Thierri doit son surnom dans notre poëme.
9 De Bar li dux Henris (1, 107; 11, i63).
De Bar-le-Duc s'en va avant Henris (1, 246).
Le premier comte ou duc de Bar, appelé Henri, gouverna de 1 170 à 1 191, date de sa mort au siège d'Acre où il avait accompagné Philippe-Auguste. Cette date si basse pourrait faire douter de l'exactitude de l'identification si l'on n'en avait un second exemple dans
io° Henri archevêque de Kains (11, 1 et suiv.).
Le premier archevêque de Reims de ce nom est le frère bien connu de Louis VII (1 169-1 175). Dès lors, il semble difficile d'admettre que cette double coïncidence soit due à un pur hasard. 11 est bien plus probable que l'auteur du Garin a pris ces noms dans la réalité contemporaine.
n Gallerans et Gaudins de Lanbourc (1, i63, 292 ; 11, 32).
11 est difficile de ne pas reconnaître dans le premier Waleran II, comte de Limbourg, qui partagea un instant le duché de Basse- Lorraine avec Godefroid VII et mourut en 1 1 3ç 3 .
Dans chacun des paragraphes suivants, qui offrent plusieurs personnages du même nom, il est bien difficile d'arriver à une certitude d'identification. Il me semble pourtant vraisemblable que les souvenirs de l'auteur de Garin portaient sur les plus récents.
1. Remarquez enfin la forme Auxatia dans Hermann de Tournai (Mon, t Germ., Script ,, XVI, 289) à propos des comtes de Flandre d'origine alsacienne.
a. Un troisième fils de Thierri II fut encore comte d'Engisheim et landgrave d'Alsace* 3. Art de vérifier les dates, m, io3, 109, 112.
1 2° Fromons manda Huon qui Gournai tint (1, 162, 294).
La célèbre famille des comtes de Gournai, rempart de la Normandie contre les incursions des Français, a possédé six comtes du nom de Hugues 1 . Ecartant le premier presque inconnu, qui aurait vécu au x-xi e siècle, et les deux derniers Hugues V (1 180-12 14) et Hugues VI (12 14-1239), qui sont morts en Angleterre dans leur duché de Norwich, et sans doute aussi Hugues III, mort à l'abbaye du Bec en 1 1 10, il resterait à choisir entre Hugues IV, qui épousa Melissende, (fille de Raoul II de Vermandois, ou de Thomas de Marie, dont il a été question plus haut) et mourut à la croisade de 1 180, et Hugues II qui assista à la bataille d'Hastings et périt en 1074. Wace parle de ce dernier dans son Roman de Kou (éd. Andresen y. 8479 ; cf. v. 4838).
£ li vicl Hue de Gornai Ensemble od lui sa gent de Brai.
Et il faut avouer qu'il n'y a pas de raison pour reconnaître plutôt l'un que l'autre. 11 suffit du reste que le vers du Garin fasse allusion à un personnage réel.
i3° Hues del Mans (1, 5i, 107 ; 11, 164) ou Hues del Maine (1, 292).
Trois comtes du Mans sont ainsi appelés : Hugues I de 955 à 10 1 5, Hugues II (io36-io5i), enfin un fils de l'Italien Azzon qui vendit son comté en 1090.
14 Guichart de Beaujeu (1, 193, 293 ; 1 1, 164).
Il y a eu trois souverains de Beaujolais de ce nom rien que dans la période antérieure au xm e siècle : Guichart I er qui vécut au X e siècle sous le règne de Lothaire; Guichart II dont on constate l'existence de io3o à 1060. 11 mourut avant 1079, époque où apparaît son successeur Humbert I er . Guichart III, fils de ce dernier, sire de Beaujeu de 1 1 15 à 1 i3j 2 .
i5° Clarembauddt Vendeuil (1, i63 3 ).
On connaît avant le xin e siècle, au moins quatre Clarembaud de Vendeuil. Le premier paraît vers le milieu du xi e siècle ; le second en 1089 ; le troisième à partir de 1089 ; le quatrième de 1 161 à 1 170 4 .
1. Potin de la Mairie, Recherches historiques sur la ville de Gournay-en-Bray, Gournay, 1842, 2 vol. in-8°. James Hannay, Three hundred years of a Norman house : the barons of Goumay from the tenth to the thirleenth century. London, 1867, 1 vol. in-8°. Du Cange, op. cit., 270.
2. Art de vérifier les dates v° « comtes du Maine » et « sires de Beaujolais ».
3 . Le texte de Garin porte dant Raimbaud de Vendeuil. Mais c'est une leçon fautive, au reste bien compréhensible, que P. Paris a corrigé dans sa traduction (p. S 3a). Voy. en outre la partie publiée par Ed. du Meril, p. i5o, 1 56.
4. Melleville, op. cit., 11, 412. — Vendeuil, Aisne, arr. de Saint-Quentin, canton Moy.
16 Li quens Huede de Saint-Quentin (i, 144 sq.)
Saint-Quentin était la capitale des comtes de Vermandois et ils avaient adopté pour cri de guerre le nom de cette ville 1 . Je connais quatre princes vermandisiens de ce nom : i° Eudes, fils d'Herbert II, qui posséda Roye, Château-Thierry, et un instant Amiens 2 ; 2 un fils d'Albert I, seigneur turbulent qui inquiéta le Hainaut et le Cambrésis 3 . Il semble être mort avant son père, donc avant 987. 3° un fils puîné d'Herbert III, qui succéda à son frère Albert II dans le comté de Vermandois vers 1010 et mourut en 1045 ; 4 Eudes, dit l'insensé, fils d'Herbert IV (1045-1080) deshérité par son père 4 .
17 Hébert de Koies le chevalier gentil (1, 162, 294 ; h, 161).
Le château de Roye 5 était, en 1070, au témoignage de Gilbert de Mons 6 > un des domaines du comte de Vermandois. Sa possession remontait au X e siècle. Dès 933, Roye appartenait au comte Herbert II (Annales de Flodoart, sub. an. 933). C'est donc un des trois derniers souverains de ce nom qui est désigné comme « chevalier gentil ».
18 Renaud de Toul (1, 184, 292, 11, i63).
Il y eut au xi e siècle quatre comtes de Toul, vassaux de I'évêque, qui portèrent ce nom. Le plus connu est le dernier, Renaud IV, qui apparaît en 1076. Il s'entremit pour la délivrance de Gérard de Vaudémont, frère de Thierry II duc de Lorraine (cf. § 8), prit part à la première croisade et mourut après 1 1 1 7 7 .
19 Et de Lambale Godefrois li petis (ni, 1 38).
Et de Lambale Jocelin li flori (m, 181).
Lamballe était une des quatre châtellenies composant le comté de Penthièvre et la capitale de ce comté. Elle compte trois Geoffroi : le premier mourut en 1093, le second en n35, le troisième en 1206 8 .
1 . Voy. par exemple dans le poème de Raoul de Cambrai, v. a 5 1 1 . a. Voy. Raoul de Cambrai, éd. Meyer et Longnon, p. $78. 3. F. Lot, Les derniers Carolingiens, 83, 11 3.
4* Voy. Emmanuel Lemaire, Histoire de la ville de Saint-Quentin dans les Mémoires de la Société académique... de Saint-Quentin, 4 série, t. VIII, p. 264-361.