L'ABBAYE DE MOLESME ET LES ORIGINES DE NANCY
créée dans cette ville par le duc Raoul et qui la fit desservir par un vi-
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En second lieu, le possesseur de l'autel jouissait des dîmes sur le territoire de Nancy. En vertu de notre acte, deux parts étaient faites de la dîme : un tiers était laissé au curé, les deux autres tiers devaient revenir aux moines du prieuré, qui en disposeraient à leur bon plaisir. Quand la collégiale Saint-Georges reçut la cure de la ville, elle n'obtint que le tiers de la dîme, affectée auparavant au curé; les deux autres tiers restèrent au prieuré Notre-Dame*. Il les garda jusqu'en 1 593 où plusieurs paroisses furent établies à Nancy et où fut faite une nouvelle répartition de la dîme. Notons que dans notre document il n'est question que des dîmes du territoire de Nancy ; le village de Saint-Dizier aux portes de la ville avait alors une existence civile et spirituelle tout à fait indépendante ; ce n'est qu'en 1 2 1 2 que les religieuses de Bouxières cédèrent leurs droits sur l'église Saint-Dizier au prieuré Notre-Dame 3 , et que les moines levèrent sur le village, comme à Nancy, les deux tiers de la dîme. C'est plus tard aussi, dans des circonstances qui nous sont inconnues, que la dîme de Laxou a été confondue avec celle des bans de Nancy et de Saint-Dizier. Nous ne croyons pas du tout, avec les historiens de Nancy, qu'à l'origine ces trois localités aient formé une seule et unique grande paroisse.
A l'autel étaient attachés un certain nombre de terres et de biens dont le curé percevait les revenus. Il touchait des sommes déterminées pour les messes de mariage et pour les cérémonies d'enterrement (sepulturx): il recevait les rentes que divers particuliers avaient léguées à l'église pour fondations d'anniversaires (oblationts). Or, il fut stipulé que les deux tiers de ces revenus seraient abandonnés aux moines de Notre-Dame ; le curé qui avait toute la peine ne devait toucher qu'un tiers. Par exception, si le curé célébrait une messe sur la demande toute spéciale d'un tiers, il pourrait garder tout le prix payé. On laissa aussi le curé de ce temps, Albéric, en possession des droits qu'il possédait avant cette convention ; celle-ci ne devait être valable que le jour de sa mort, ou si luimême, de bon gré, voulait se soumettre aux conditions de l'acte et renoncer à ses droits antérieurs. Le prieuré de Notre-Dame garda les deux tiers des oblations, même après que le curé fut nommé par les chanoines de Saint-Georges 4 : il ne perdit ses revenus qu'en 1593, au moment de la nouvelle division ecclésiastique de Nancy.
Les droits que Riquin céda aux moines de Molesme ne lui appartenaient pas auparavant. Ils étaient le partage des ducs de Lorraine. Déjà Thierry I er , mort en iii5, avait abandonné au prieuré Notre-Dame « les deux tiers des dîmes
1 . La bulle a été publiée par MM. l'abbé Grand-Eury et Louis Lallement, V église Saint- Epvrt à Nancy dant les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, 1 85 5, p. 342.
a. Accord du 6 novembre 1)47 entre l'abbé de Molesme et le prieuré Notre-Dame d'une part, le chapitre Saint-Georges d'autre part, analysé par MM. Grand-Eury et Louis Lallement, /. /., p. 264.
3. Archives de Meurthe-et-Moselle, H 402. Nous publierons prochainement cet acte dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine.