‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 199 sur 326 · Archives de Sassovivo, n° 201 i · texte numérisé non relu

Archives de Sassovivo, n° 201 i

3. Bacile. Durand de Mende (Rationale, I, 8) traduit ce mot par manile; et dans une énumtration manile est à côté de manutergium ; il s'agit donc d'un bassin pour se laver les mains. « Les bassins à laver les mains du prêtre se faisaient ordinairement par paires ; l'un des deux bassins garni d'un goulet, d'un biberon, comme disent les anciens inventaires, servait à contenir et à verser l'eau sur les mains, l'autre, à recevoir le liquide. On les nommait pelves et, en général, gemelliones parce qu'ils étaient pareils de forme. Les documents écrits font voir au surplus que ces bassins allaient toujours par paires. En voici quelques exemples. Dans l'inventaire du trésor du S. Siège, en 129s, on lit : « deux grands bassins, bacciha, d'or avec deux émaux, au fond deux écus du roi d'Angleterre, pesant 20 mars et 2 onces.. . » Dans l'inventaire de la Sainte- Chapelle du Palais de i3^o, on trouve « deux bassins pelves d'argent doré et émaillé ». On les retrouve plus amplement décrits dans l'inventaire de 1480 : « Deux bassins d'argent doré dont l'un a un biberon, biberulus. . . » A la fin du même inventaire, on lit la description de deux de ces bassins qui devaient appartenir au xv° siècle, et dont la destination est parfaitement expliquée : « deux bassins pelves d'argent doré... l'un a un petit biberon, biberulus, pour verser l'eau et l'autre, est pour donner au prêtre à laver. (Labarte, Histoire des Arts industriels, IV, 643.) — Octone. Ducange traduit : laiton.

6 una cassa eburnea cum reliquiis,

7 unum planeta de samito rubeo ',

8 una tunicella dicti coloris %

9 unum pluviale de samito rubeo,

10 unum planeta nigrum,

1 1 unum aliud planeta nigrum de serico,

1 2 unum aliud pluviale de serico rubeo,

i3 duo planeta alba, unum de serico et aliud de guarnello, 14 decem camisi % de quibus sunttres fimbriati, i5 due tunicelle et una dalmatica de dyaspido albo,

16 unum planeta de purpura venetiana,

17 quatuor dossalia de serico, de quibus unum est ultramarinum et alia venetia,

18 unum copertorium de purpura de venetia pro mortuis,

19 sex stole et V manihV, V amicti et IV cinguli,

20 unum par sandalium episcopalium de serico violaceo,

21 unum frisium cum sua thobalea mobile et unum aliud frisium... cum sua thobalea,

22 X thobalee sericate,

23 V thobalee alamannice laborate 5 ,

24 très alie thobalee sine labore,

2 5 una camisia simplex,

26 très mitre de buccaramine,

27 una mitra de samito laborata,

28 una de serico,

29 duo paria ferrorum pro hostiis 6 ,

30 très cocte,

3 1 tria corporalia,

3 a tria copertoria cnicis,

33 V thobalee super altaria,

1. Samito. Le samit était, d'après Labarte (ibidem, IV, 35 1), une étoffe de soie forte*

2. Tunicella. C'était la dalmatique du sous-diacre, c'est-à-dire le vêtement de dessus qu'il portait quand il assistait le prêtre à l'autel : « Non ergo diaconus dalmaticam, nec subdiaconus tunicellam, in diebus jejuniorum, in officio miss* portant; subdiaconus tamen epistolam lecturus, illam deponit ; qua lecta, eam resumit. » (Durand de Mende, Ralionale, II, 8.)

3. C'est l'aube que revêt le prêtre pour célébrer la messe : « Ca mi si ara sive atbam, lacerdos induit, » dit Durand (ibid.. Il, 8). Les camisia; étaient souvent fimbratœ, c'est-à-dire ornées au bas et sur les bords des manches, de broderies parfois dorées, comme on peut le voir d'après l'aube de S. Thomas Becket, conservée, de nos jours, au trésor de la cathédrale de Sens.

4. En général, mande signifie bassin (manile, id est bacille, dit Durand, Rat., I, 8). Mais ce mot placé ici dans une énumération des vêtements sacerdotaux ne peut désigner que le manipule.

5. Laborata == brodée, « Nous pensons qu'on doit regarder comme brodés les tissus dont l'ornementation est spécifiée par le mot laboratus ». Labarte, op. cit., IV, 35 1.

6. C'étaient deux plaques de métal fixées chacune au bout d'une tige et s'appliquant l'une sur l'autre; on plaçait entre ces deux plaques l'hostie sur laquelle elles imprimaient un dessin liturgique, soit une crucifixion, soit un agneau. On conserve une paire de fers à hosties dans l'église, autrefois abbatiale et aujourd'hui paroissiale, de Saint- Paul-Serge à Narbonne.

M 8 JEAN GU1RAUD

34 duo dossalia ibidem,

35 duo missalia,

36 unum evangeliarium,

37 unum epystolarium,

38 duo antiphonaria de die,

39 duo antiphonaria de nocte, in I II I voluminibus ■,

40 unum orationale,

41 duo psalteria,

42 una Bibiiain duobus voluminibus,

43 duo passionaria 2 ,

44 duo omiliaria,

45 XVI volumina diversorum librorum antiquorum, tam cantuum quam sermonum, evangeliorum et epystolarum.

46 unum pontificale,

47 très pignacte de métallo,

48 una caldaria

49 una alia caldaria, que dicitur esse sub pignore,

50 unum caldatorium, 5i unum bucale,

5a dueydrie. quarum una est sub pignore,

53 una cungutellade hère,

54 due concule de hère,

55 una alia concula parva,

Hec omnia assignata sunt predicto fratri Bevenuto per fratrem Johannem dietum Grassum, et Jacobutium de Spoleto, in presentia fratris Jacobi, dicti de Opéra, et fratris Jacobi, alias dicti Calendi, monacis dicte domus, sub annis Domini MCCCXV, XX a die mensis aprilis. »

Une première remarque à faire sur cet inventaire, c'est qu'il ne semble pas tout à fait complet; il doit omettre certains objets qui étaient indispensables au culte et qui, alors comme aujourd'hui, devaient se trouver dans toute église où l'office divin est célébré. Partout où Ton conservait les saintes espèces — et les églises conventuelles ou paroissiales étaient dans ce cas, — on devait avoir un ciboire, comme la sainte Coupe qui servait, au xiv e siècle, à cet usage, dans la cathédrale de Sens. C'est ainsi que dans l'église de Saint-

1. « Très libri de cantu sunt, antiphonarius, graduarius et trophonarius. Antiphon arias a digniori videlicet, ab antiphonis nomen sumpsit... in plerisque tamen locis, liber iste responsonarium a responsoriis, que ibidem continentur, appellatur. » Ibidem, VI, 1.

s. « Libri lectionum sunt isti : bibliotheca, omiliarius, pasiionarius, legeodarius, lectionarius, sermologus. Homiliarius est liber continens sanctorum homilias ; legitur in dominicis et in Natal i et in festis sanctorum, propria evangelia habentibus, et in Pascha et Pentecoste, cum ferialibus eorumdem. Patsionarius est liber continens passiones sanctorum et legitur in (festis martyrum. Plures autem sunt passionarii, quorum quidam canonizati, quidam vero, teste papa Gelasio, sunt apocryphi, ut de b. Georgio et Cyrica et Julita, et alii quidam, quos haeretici compilasse dicuntur ; quare in ecclesia legi interdicuntur. » Durand de Meode, op. cit. VI, 1,

Jean de Bolsène se trouvait à la même époque « una campanclla metalli, apta ad portandum, quando porta tus corpus Christi infirmis l ». Rien de pareil à l'église des Saints Quatre. Cet inventaire présente de plus quelques anomalies ; il y est question d'une paire de sandales épiscopales, de deux mitres, d'un pontifical, mais nulle part d'une crosse ou bâton pastoral. Est-ce un simple oubli ou cela prouverait-il que plusieurs objets avaient été dispersés et qu'on en avait perdu les traces ?

Mais, en nous en tenant à l'inventaire, nous pouvons y distinguer plusieurs groupes d'objets. Tout d'abord, ceux qui servaient à l'ornementation de l'autel : la croix d'argent [n° i], trois voiles [n° 32] dont on la recouvrait pendant le temps de la Passion 2 , trois corporaux [n° 3]. L'église était riche en thobalex ; l'inventaire en mentionne deux avec des franges, « unium frisium cum sua thobalea mobila et unum

aliud frisium cum sua thobalea. » [n° 21], dix de soie

[n° 22], cinq ornées de broderies [n° 23], et encore cinq autres super altaria[n° 33]. Ducange donne à ce mot plusieurs sens. Qn appelait ainsi les nappes qui recouvraient l'autel : « non celebretur sine duabus tobaleis in altari, quarum una superior sit benedicta », disent les statuts de l'église de Rieti. En 1376, il y avait à la Sainte- Chapelle de Paris « XX tobalex sive mappx pro altaribus 3 ». 11 faut donc voir des nappes d'autel dans ces thobalex qui, d'après notre inventaire, étaient « super altaria. [n° 33] » et peut-être aussi dans celles qui avaient des franges [n° 21]. Mais le même mot désignait encore tous les linges sacrés, les essuie-mains des prêtres, les voiles de calices; c'est ce qui explique le nombre de 2 5 thobalex, qui serait étrange pour une église pauvre, s'il ne s'agissait que de nappes d'autels. L'inventaire mentionne aussi des dossalia [n° 17 et 34] et Durand de Mende définit ainsi ce mot : « dorsalia sunt panni in choro pendentia a dorso clericorum* », mais dans le cas présent, il ne saurait être question de ces étoffes ou tapis, souvent richement historiés, dont on recouvrait le chœur ; car deux au moins de ces dossalia étaient sur l'autel [n° 34]. Les quatre autres de soie étaient dépareillés puisque trois étaient des ouvrages de Venise et le dernier d'Orient, et il est difficile que Ton ait jamais décoré d'ornements aussi disparates les

1. Fumi. Vinventario dei béni di Giovanni di Magnavia, vescovo di Orvitto e vicario di Roma, Rome, tip. poliglotta, '1 89$, p. 73, art. 993.

2. Au xiv 9 siècle, les croix étaient voilées en signe de deuil, dans quelques églises, pendant tout le carême, dans la plupart à partir du dimanche de la Passion, comme cela s'observe de nos jours. Cf. Durand de Mende, op. cit., I, 3.

Page 1