Durand de Mende, op. cit., II
*5o JEAN GU1RAUD
deux côtés du chœur. Ces tentures recouvraient donc le dessus de l'autel, comme le dorsale que cite Ducange : « doxallwn altaris cum margaritis, pannus rubeus super altare 1 . »
Un second groupe d'objets se compose des ornements sacerdotaux et de tout ce qui servait au culte. Ce sont deux pluvialia ou chapes, l'une en samit rouge [n° 9], l'autre en soie rouge [n° 12] ; six planète ou chasubles en samit [n° 7], en soie [n° n], ou simples [n° 10], dont deux blanches, deux noires, une reuge et une pourpre ; une dalmatique blanche pour le diacre [n° i5], deux tunicelles de même couleur pour le sous-diacre [n° i5], six étoles, cinq manipules, cinq amicts et quatre cordons [n° 19], une aube simple [n° 2 5], dix aubes dont trois ornées de broderies et de franges [n° 14], trois surplis ou cotte [n° 3o]; une paire de sandales violettes et deux mitres, dont une de samit brodé et l'autre de bougran fn os 20, 26, 27], enfin deux calices d'argent doré, un cocleare d'argent pour la communion, deux bassins pour les ablutions [n° s 3, 4 5], un bocal, deux burettes [n ot 5i, 52], une paire de fers à hosties [n° 26], et deux encensoirs d'argent [n° 2].
Enfin un troisième groupe était formé par les livres sacrés et les livres de chœur; deux missels, un évangéliaire et un épistolier pour la célébration solennelle de la messe, deux antiphonaires pour l'office du jour et deux pour celui de la nuit, deux psautiers, deux homiliaires, deux passionnaires et une Bible pour la célébration de l'office conventuel [n cs 35, 44], enfin un rational ou explication liturgique des cérémonies du culte. Outre ces livres, dit l'inventaire [n° 45], il y en a seize autres pour le chant ou les leçons, ils étaient antiques et il est à croire qu'on les avait relégués pour cela dans quelque armoire, et qu'on ne s'en servait pas. Il serait intéressant de savoir à quelle époque remontaient ces vieux manuscrits hors d'usage. Etienne V (885-891)* avait donné, à la fin du ix e siècle, à l'église des Saints Quatre, plusieurs livres précieux, les livres sapientiaux de Salomon, un évangéliaire avec les épîtres, les homélies de Saint-Jean Chrysostôme. Qu'étaient-ils devenus? Peut-être avaient-ils échappé à l'incendie de 1084, et se trouvaient-ils parmi ces livres antiques dont parle l'inventaire, qui contenaient précisément les évangiles, les épîtres et les homélies.
Tel est dans son ensemble cet inventaire de i3i5. Il est Une preuve évidente de l'état de pauvreté et même d'abandon où se trouvait, au xiv e siècle, l'église des Saints Quatre Couronnés, Les ornements sacerdotaux étaient incomplets. Il n'y avait que des chapes rouges, mais alors de quelle chape se servait-on le jour de Pâques, pendant les