Libtr pontificalis (éd. Duchesne), t. H, p. 19S
LE TITRE DES SAINTS QUATRE COURONNES AU MOYEN AGE a5i
processions de la Fête-Dieu, à l'Assomption, à Noël, et à toutes les fêtes où l'ornement devait être blanc l ? Par contre, le diacre n'avait qu'une dalmatique blanche : il n'y avait donc pas office solennel pour les fêtes de Pentecôte, des Saints Apôtres ou des martyrs patrons de l'église ; car, ces jours-là, la liturgie exigeait des vêtements rouges. Les ornements des prêtres sont un peu plus complets et cependant il n'y a pas de chasuble violette pour l'Avent et le Carême. Sans doute, dans certaines églises, on se servait, dans ce cas, de l'ornement noir, mais Durand de Mende nous dit que cela ne se passait ainsi qu'en France ; à Rome, le violet seul était la couleur des temps de pénitence. Comment faisait-on aux Saints Quatre ? ou bien les cérémonies étaient célébrées en violation des règles liturgiques les plus absolues, ou bien, ce qui est plus probable, elles ne se faisaient pas. L'église était à peine desservie et les intentions de Pascal II n'étaient plus exécutées.
L'église devait avoir l'aspect tout à fait dénudé. Depuis l'incendie de 1084, elle n'avait plus le beau ciborium d'argent doré, décoré de gemmes et de pierres précieuses, orné de voiles rouges que Léon IV avait élevé sur l'autel majeur 2 , ni les peintures du Sauveur, de Claudius et de Nicostratus, dont ce même pape l'avait embellie, ni les étoffes précieuses ou étaient représentées la Résurrection, la multiplication des pains et l'image de Léon IV lui-même ; ni la croix d'or incrustée d'émaux et de pierres précieuses qu'avait donnée Etienne V. Tout cela avait disparu et seule une croix d'argent sans le moindre ornement était placée sur les nappes de l'autel majeur. Il n'y avait pas même de chandeliers ; et cependant Durand de Mende dit dans son Rational 3 qu'il était d'usage, de son temps, c'est-à-dire au commencement du XIV e siècle, à la date de cet inventaire, de placer un chandelier de chaque côté de la croix, sur l'autel. Depuis plusieurs siècles, on allumait des lampes et des lustres dans le sanctuaire devant l'autel et les confessions des martyrs; précisément l'église des Saints Quatre avait reçu de plusieurs papes, en particulier de Léon IV et d'Etienne V, plusieurs de ces lustres circulaires que l'on appelait régna 4 . Mais ce riche trésor que leur libéralité avait constitué à cette église, au ix c siècle, avait dû complètement disparaître en 1084 et Ton n'avait pas même essayé de le reconstituer. Les objets qu'énumère l'inventaire,
1 . Dès le xiv° siècle, les couleurs liturgiques étaient nettement précisées puisque dans son Rational, Durand de Mende consacre un chapitre à l'explication de chacune d'entre elles. s. Liber pont ificalis, II, 1 1 6.
3. Durand de Mende, op. cit., I, 3. «Crux super altare ponenda. , . inter duo can délabra crux in altari raedio collocatur. »