‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 21 sur 326 · Jordanès, Gct · texte numérisé non relu

Jordanès, Gct

io. Procope, De btllo Vandalico, I, 6.

Il est fort possible que, dans ces conditions, Euric ait songé à se rendre indépendant, et cela, en s'appuyant sur cet empereur de Byzance trop éloigné et trop faible pour être jamais redoutable, mais seul capable de donner à une puissance nouvelle un caractère légal. Tel pourrait bien avoir été le but de cette ambassade, dont nous retrouvons le souvenir chez Isidore et chez Idace, et que don Vaissete, Asbach et Dahn se contentent de mentionner. Dans cette hypothèse, (car c'est là une simple conjecture), Euric aurait, au début de son règne, essayé de réaliser ce que fit plus tard Odoacre : une royauté indépendante en Occident, rattachée par le lien d'une subordination toute théorique à l'empereur d'Orient, seul détenteur du titre impérial. Par malheur, rien dans les textes que nous possédons ne permet de résoudre ces questions délicates.

Un fait du moins est certain : Euric, au début de son règne, . recourt à la diplomatie plus volontiers qu'à la violence. Outre l'ambassade envoyée à Léon, il faut encore noter des négociations avec les Suèves et avec les Vandales 1 . Ici encore, nous sommes réduits aux conjectures. Idace, le seul écrivain qui mentionne ces négociations, n'en indique pas l'objet. Elles paraissent cependant avoir eu quelques résultats appréciables.

Remismond, le roi des Suèves, renvoie les ambassadeurs d'Euric, comme il avait déjà, auparavant, renvoyé ceux de Théodoric II. Don Vaissete, qui place cette ambassade après l'avènement d'Anthemius, pense que le roi des Wisigoths cherchait à s'assurer l'appui des Suèves en cas de guerre avec l'Empereur 2 . Peut-être est-il possible de donner une explication plus simple et plus juste en constatant qu'Euric continue en Espagne la politique de son prédécesseur, Théodoric II. Celui-ci, depuis l'alliance conclue avec Remismond en 464, s'était toujours efforcé de maintenir les Suèves sous son influence. Il est vrai qu'il n'y avait guère réussi, car, dès 465, ils avaient attaqué la ville d'Aunona, en Galice, et le roi de Toulouse n'avait pu, malgré plusieurs réclamations, obtenir réparation de cette violence. Il est tout naturel qu'Euric ait essayé d'obtenir la satisfaction refusée à son frère, conjecture d'autant plus plausible, qu'à la même époque, un citoyen d'Aunona, Opilion, vient, au nom de ses compatriotes, implorer le secours du roi des Wisigoths. Comme Idace ne parle plus de cette affaire que pour mentionner une trêve conclue entre les Suèves et les habitants de la

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