Ibid., G 1 142 et
4. Arrêt du 11 août 1598, p. 5 7 (Ibid., G 1 112). — Ce texte, qui est imprimé, date la donation de 1 180. La date réelle est 14 février 1 181, nouv. style.
a8o J.-A. BRUTA1LS
L'argumentation est assez nette ; par malheur les documents le sont infiniment moins. Peut-être le dernier, la charte de 1 181, était-il plus explicite; par une coïncidence étrange, un coup de ciseau a enlevé du Cartulaire, avec le bas d'un feuillet, presque tout le dispositif 1 . La première donation, celle de « la duchesse d'Aquitaine » est totalement inconnue par ailleurs, il est à peine besoin de le dire; quant à la seconde, attribuée à Sanche et fixée par la Chronique bourdeloise à l'année 1061, il n'en reste qu'une notice, non datée 2 . Aux termes de cette notice, Sanche aurait abandonné à Saint-Seurin des terres au-dessus et à côté du faubourg, avec une lande jusqu'à Eysines, jusqu'au Grand Bois et jusqu'à Bernedaria, enfin des fontaines, des marais et un droit d'usage dans un bois dit la Forêt.
La teneur de l'acte donne lieu à une première réserve : cette analyse informe, insérée dans un Cartulaire, sans autre caractère d'authenticité, inspire de véhéments soupçons de fraude. Qu'était devenu l'instrument original ?
Les chanoines tiraient, à ce propos, un excellent parti de divers incendies survenus dans le faubourg. En 1277, ^ ' a su * te du conflit avec la commune de Bordeaux, la sauveté avait été envahie et en partie livrée aux flammes : les chartes avaient été détruites 3 . Plus tard, en 1 542, des lansquenets, devant lesquels les portes de, Bordeaux avaient été fermées, se rejetèrent sur le faubourg et s'y livrèrent à toutes sortes d'excès : le brûlement des titres de la collégiale fut l'un des amusements de cette soldatesque. Dès que les lansquenets furent partis, le chapitre requit du Parlement la nomination de commissaires chargés de constater cet heureux désastre, et dès lors à qui le mettait en demeure de produire ses titres il opposait le procès-verbal de constat 4 .
Les chanoines atténuaient de la sorte, dans une certaine mesure, ce qu'il y avait d'irrégulier dans la forme de l'acte. Mais il était plus malaisé de résoudre les difficultés que soulevait, quant au fond, leur interprétation. C'est qu'en effet il existe des textes sans nombre relatifs à des immeubles qui échappaient à la seigneurie foncière du chapitre : censives ou fiefs mouvant d'autres seigneurs, alleux. Un conseiller au Parlement, qui était en procès avec Saint-Seurin au sujet