Jordanès, Grt., 45. — Romana
7. Idace, Chron. XXXI, 8, 9. — Jordanès, Gct., 4!). — Concil., V, 1026. — Procope, De bcllo Vand., 1,6.
ao GEORGES YVER
tardèrent pas à se faire sentir. Aux réclamations de Léon, Genséric ne répondit que par de nouvelles dévastations. Aussitôt s'organisa contre les Vandales une expédition formidable, telle que, depuis longtemps, on n'en avait point vue dans la Méditerranée: plus de mille vaisseaux et près de cent mille hommes 1 . Le comte Marcellin, dont la fidélité semblait d'abord douteuse, consentit à prêter son concours à l'entreprise. Anthemius fournissait des troupes et des navires 2 . C'étaient ces préparatifs dont la nouvelle avait si désagréablement surpris les envoyés d'Euric à Genséric et les avait déterminés à revenir en hâte à Toulouse, tandis que les Suèves, également avertis, cessaient leurs incursions en Espagne 3 . Les Barbares se sentirent, en effet, menacés par cette expédition dont le succès aurait facilité aux Romains le rétablissement de leur autorité sur l'Occident.
Euric, en particulier, trouvait des motifs d'inquiétude dans la politique adoptée par Anthemius vis-à-vis des Gallo-Romains. Dès les premiers mois de son règne, ce prince avait voulu profiter de sa popularité 4 et de la force qui en résultait pour lui, pour rattacher à l'empire la Gaule qui, toujours dépendante de Rome, en droit, s'en était, en réalité, détachée depuis la mort de Majorien.
Après la disparition d'Egidius, l'occasion lui avait paru excellente de tenter une restauration de l'autorité impériale au-delà des Alpes. Il s'ouvrit à ce sujet, à la fin de l'année 467 et au début de l'année 468, des négociations, dont nous ignorons le détail, mais que diverses lettres de Sidoine Apollinaire permettent de reconstituer en partie 5 .
Sidoine, qui, par sa naissance aussi bien que par ses qualités brillantes, était un des chefs de la noblesse gallo-romaine, avait été mandé de Lyon à Rome par l'empereur 6 . Il y arriva à la fin de 467, juste à point pour assister au mariage de la fille d' Anthemius avec Ricimer, et pour se rendre compte de l'enthousiasme populaire, qui voyait dans cette union un gage de paix et de prospérité pour l'avenir 7 . Sidoine n'a point dit pour quel motif l'empereur l'appelait ainsi à Rome. Cependant, peut-être n'est-il pas trop hardi de regarder ce voyage comme intimement lié au rétablissement des bonnes relations entre les Gallo-Romains et l'empire.