‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 245 sur 326 · Villani, VU · texte numérisé non relu

Villani, VU

é NOTES SUR LE FORMULAIRE DE RICHARD DE POFI îl^

dont le nom manque, mais doit être Lucques, car c'est à Lucques seule que peuvent convenir des expressions comme celles-ci : multas tribulationes et persecutiones hostiles ut Ecclesiam ipsam non lederent... diutius in angusto positi subierunt;. . . licet postremo severitate tyrampnica compulsi dolentes devium declinarunt, nunc autem. . . ad nostra et ejusdem Ecclesie mandata que per spéciales syndicos ad hoc ordinatos servare jurarunt dévote et humiliter redierunt. Mais cette bulle suppose les Lucquois déjà absous. Or il est naturel de la rapprocher de P. 19 473 (29 nov. 1265), où le pape mentionne des ambassadeurs lucquois qui se rendent auprès de Charles d'Anjou, et de P. 19486 (23 déc. 1 265), où le pape insiste sur les services que Lucques pourrait rendre au roi, soit en facilitant le passage de ses troupes, soit comme base d'opérations en Toscane. Je crois donc qu'il convient de placer la réconciliation de Lucques et du Saint-Siège et par conséquent le n° 17 vers novembre 1265 ; et le n° 18 à la fin de novembre ou dans le courant de décembre de la même année.

La bataille de Bénévent provoqua naturellement en Toscane une réaction guelfe. Le pape put espérer un instant ramener toute la Toscane sous son influence ; l'année 1 266 est marquée par d'activés négociations entre le Saint-Siège et les diverses villes toscanes. Dans le formulaire de Richard de Pofi se trouvent plusieurs lettres qui s'y rapportent. D'abord (19, fol. 174V ) une bulle du [1 1 mai 1266] par laquelle Clément IV charge son chapelain [Bernard de Languisse!] d'absoudre les Siennois, après avoir reçu leur soumission ; puis (20, fol. 172 v°), une autre bulle [4 août 1266] par laquelle le pape accrédite auprès des [Siennois] le même [Bernard de Languissel] pour recevoir la ratification de la paix conclue par l'entremise du pape entre eux d'une part, leurs exilés, les comtes [de Pitigliano et de Santa-Fiore, et Orvieto] de l'autre. Je connaissais déjà ces deux bulles, conservées en original aux Archives de Sienne ; le texte donné par Richard de Pofi (sauf quelques lapsus de copiste et la suppression des noms propres) est parfaitement conforme aux originaux; on a ainsi un moyen de contrôler le degré de confiance que mérite notre formulaire. On y rencontre encore [21, fol. 173] une lettre [adressée probablement à Bernard de Languissel] par laquelle le pape lui enjoint d'imposer aux habitants de Sienne et d'Orvieto une trêve, l'acceptation de son arbitrage, et la mise en liberté de leurs prisonniers respectifs. Cette pièce, dont je n'ai pas retrouvé l'original à Sienne, est bien probablement contemporaine du n° 19.

Le pape se préoccupait en même temps, en Toscane comme en

Sicile, de châtier les prélats qui avaient pris parti pour Manfred.

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