JORDAN
L'évêque de Grosseto, très ami des Siennois, s'était particulièrement compromis avec les Gibelins. Le 2 5 juillet 1266, les Siennois décidaient d'intercéder en sa faveur auprès du pape 1 . Notre formulaire renferme précisément (22, fol. 255), une bulle qui le concerne; c'est un ordre [à Bernard de Languissel?] de citer à comparaître devant le pape un évêque qui ne peut être que celui de Grosseto, puisque la citation doit être faite in majori ecclesia Grossetensi.
On sait que Clément IV ne réussit pas par la seule diplomatie, à rendre la prépondérance au parti guelfe. Conradin devenant menaçant, il se décida à la fin de mars 1267 à inviter Charles d'Anjou à envoyer des troupes en Toscane 2 . C'est certainement après ce moment et avant l'arrivée en Toscane de Charles d'Anjou lui-même 3 , que se place une lettre (23, fol. 244) par laquelle le pape, après avoir félicité une ville de sa récente soumission, l'exhorte à soutenir énergiquement l'évêque [d'Arezzo 4 ] et les troupes du roi [de Sicile]. Je serais tenté de croire que cette lettre est adressée à Florence, jusqu'alors excommuniée, et qui passe décidément au parti guelfe le 16 avril 1267 5 .
Deux autres bulles, dans notre collection, concernent Florence.
24, fol. 188. Le pape écrit [à Jean de Brayselve, vicaire général de Charles d'Anjou en Toscane 6 , ou à Jourdain de Plsle, vicaire royal à Florence 7 ], qui avait sommé le frère et les neveux du cardinal [Ottaviano degli Ubaldini] de se soumettre à lui et de lui donner des otages, que ceux-ci, bien que dévoués au roi [de Sicile], ne peuvent pour le moment entrer à son service, et qu'ils ne sont pas d'ailleurs ses feudataires, non plus que ceux de la commune de Florence ; le pape défend d'user à leur égard d'aucune violence.
25, fol. 187 v°. Le pape après avoir rappelé les services rendus à [Florence] par le cardinal [Ottaviano], défend aux [Florentins] d'élever aucune revendication sur les châteaux qui lui appartiennent.
J'ai publié ailleurs 8 , une lettre du 17 juin 1268, par laquelle Clément IV reproche aux Florentins d'avoir de nouveau, et malgré ses ordres antérieurs, attaqué les terres du cardinal Ottaviano. Ces ordres antérieurs sont bien probablement notre n°2 5. Quant au rôle
t. Arch. de Sienne, Consiglio générale, XI, fol. 12 v°.