Walsingham, I, 324. — Cf. Chronicon Anglix, p
38o CH. PETIT-DUTAÎLLIS
grant partie del clergie del dit roialme especialement pur celle cause assemblez 1 . » Il est clair que cette dernière phrase fait allusion au fameux concile du 19 mai, où furent condamnées les hérésies de Wycliffe et des Lollards. Enfin, s'il est besoin d'une autre preuve encore, nous avons une lettre que l'archevêque de Cantorbéry, William Courtenay, envoya à un professeur d'Oxford, pour lui dénoncer les menées de certains prédicateurs ambulants; cette lettre est du 28 mai 1 382, c'est-à-dire de l'époque même où l'on rédigeait le statut en question ; ce sont presque les mêmes termes qui sont employés dans les deux documents : ces nomades, écrit l'archevêque, prêchent, sans autorisation, dans les églises ou sur les places publiques, « sous un voile de grande sainteté. » Or William Courtenay énumère les propositions hérétiques soutenues par ces prédicateurs : elles sont toutes empruntées aux doctrines de Wycliffe 2 .
Donc les prédicateurs révolutionnaires signalés par le statut de 1 382 , qui excitaient des haines de classe et engageaient le peuple à se soulever, n'étaient pas les friars, mais uniquement les prêtres de Wycliffe. Faut-il maintenant, de ce document postérieur de dix mois à la révolte, conclure que les pauvres prêtres ont contribué à la faire éclater ? Toute la question est là. A quelle date Wycliffe a-t-il institué ce corps de prédicateurs nomades ? Si nous pouvons nous fier aux indications du moine de Saint-Alban, c'est en 1377 qu'il « réunit des zélateurs de sa secte, habitant Oxford et autres lieux » et se mit à les envoyer en tournées, vêtus de cette longue robe de rude étoffe, qui paraissait si prétentieuse aux orthodoxes 3 . A moins de supposer que le chroniqueur se soit trompé de plusieurs années, et que les pauvres prêtres, institués tout de suite après la révolte, aient immédiatement éveillé les soupçons de l'autorité, deux hypothèses également invraisemblables, il faut donc admettre qu'ils prêchaient déjà avant l'insurrection 4 . Que prêchaient-ils ? Quels thèmes leur fournissait Wycliffe? Quel part maître et disciples ont-ils pu avoir dans les responsabilités de la révolte ?
Il convient tout d'abord de discuter les assertions de l'auteur qui â compilé les Fasciculi zizaniorum. Après avoir parlé des troubles de 1 382, il les rapproche de l'insurrection de i38i, résume les méfaits de John Bail, et raconte qu'avant d'être exécuté lç célèbre chapelain confessa qu'il avait été pendant deux ans élève de Wycliffe, et