‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 270 sur 326 · Fascic. zizan., p. 292 et suiv · texte numérisé non relu

Fascic. zizan., p. 292 et suiv

4. Le 6 juin 1 382, Richard II prend sous sa protection les .frères mineurs de Southampton

protection que Richard Illeur a accordées en 1384 et en 1 385, il les appelle « les soutiens constants du trône et du royaume », oratores assidui pro statu nostro et totius regni.^ Il 'me semble que la cause est entendue. Aucun document d'une authenticité certaine ne prouve que les frères mendiants, et en particulier les franciscains, aient prêché la révolte. Plusieurs documents authentiques démontrent le contraire. Les frères mineurs au xiv e siècle n'étaient pas des démagogues : ils étaient les courtisans impudents et serviles de tous ceux qui détenaient la richesse et le pouvoir. Peut-être, à Paide de pièces qui ont échappé aux investigations d'André Réville et aux miennes, établira-t-on que quelques friars ont pris part à l'organisation du soulèvement. Mais nous pouvons affirmer que de tels faits n'ont pu être qu'exceptionnels.

Quels sont donc les agitateurs désignés par le statut de 1 382 ? A notre avis, ce texte s'applique sans nul doute et uniquement aux pauvres prêtres de Wycliffe. Ces prédicateurs qui erraient a en certains habitz souz dissimulacion de grant saintée » , et qui parlaient sans autorisation, doivent être identifiés avec les disciples de Wycliffe dont nous parle le chroniqueur de Saint-Alban, et qu'il nous représente « vêtus de longues robes de grosse laine tombant jusqu'aux talons, en signe de plus haute perfection; marchant nu pieds ;- soufflant leurs erreurs sur le peuple et prêchant ouvertement et publiquement 1 . » Cette description concorde complètement avec celle du statut de 1 382. D'ailleurs, ce statut accuse nettement d'hérésie les nomades; il leur reproche, en effet, « diverses predicacions conteignantes heresyes et errours notoires a grant emblemessement de la foy et destruccion de loies et de l'estat de Seinte Eglise, a grand péril des aimes du poeple et de tout le roialme d'Engleterre, corne plus pleinement est trovez et suffisantement prouvez devant le reve«rent père en Dieu Percevesque de Canterbirs et les evesqes et autres prelatz et maistres de Divinité et doctours de Canoun et de Civile et

[Patent 5 Rie. II, part, 2, m. n). — Faveur aux frères mineurs de Richmond, le a3 mars 1 383 {Patent 6 Rie, II, part, 2, m. 8). — Faveur aux frères mineurs de Plymouth, le 38 juin 1 3 83 (Patent 7 Rie. II, part. 1, m. 39). — Protection accordée le 4 novembre 1384 aux religieux des quatre ordres mendiants, et principalement aux frères mineurs et aux frères prêcheurs, qui sont malmenés par le peuple (Rymer, édition de 1740, III, part, m, p. 174). — Protection accordée le i3 février 1 385 aux frères mineurs, qu'on maltraite et dont on détruit les maisons (Patent 8 Rie. II, part. 2, m. 17). — Ces documents, remarquons-le, prouvent que, au moins dans les années qui ont suivi la révolte, les friars n'étaient guère populaires. — Les Patent Rolls contiennent aussi des lettres en faveur des moines augustins (Patent 6 Rie. II, part. 1, m. 18, 20 oct. 1 382) et des frères prêcheurs [Patent 5 Rie. II, part. 1, m. 9, 24 nov. 1 3 8 1 , etc.). Mais notre discussion concerne avant tout les franciscains, qui avaient bien plus d'importance et d'influence que les autres ordres mendiants en Angleterre.

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