‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 302 sur 326 · Fol · texte numérisé non relu

Fol

3. Nous pouvons signaler encore l'histoire d'une fille Changée en jument (fol. 3i), d'un homme qui fut dévoré par les a souris », malgré ses domestiques (fol. 16 1), d'une bataille de couleuvres (fol. 1 S 7), etc., etc.

4. Archivât. III (1821), p. 472 : « ... nur als Hûlfsquelle dienen kann. »

42 2 CAMILLE COUDERC

tance et sort même, plusieurs fois des limites ordinaires de l'abrégé. On peut très exactement s'en rendre compte par la partie publiée dans les flistoriens de France.

Son intérêt littéraire n'est pas non plus très grand, mais il n'est . pas négligeable. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, c'est dans cette chronique qu'il faudra désormais aller chercher l'une des plus anciennes traductions en prose, sinon la plus ancienne, de ce recueil de fables attribuées à Esope qui avait été mis en latin par un personnage énigmatique du nom de Romulus et que Vincent de Beauvais a inséré dans son Spéculum historiale 1 . C'est très certainement là que notre auteur l'a pris. Et si on examine sa traduction on n'hésitera pas à la préférer à celle de Jean du Vignay, la plus connue de celles qu'on a signalées.

Nous avons dit que nous ne pouvions entrer dans l'étude des sources employées par notre chroniqueur, nous ferons néanmoins remarquer qu'il n'a pas toujours bien fondu ensemble les passages qu'il a tirés de ses devanciers. 11 lui est arrivé, plus d'une fois, de parler, en deux endroits différents, du même personnage, sans ajouter/ dans la seconde mention, aucun détail oublié dans la première. Ainsi, après avoir indiqué la date à laquelle avait vécu le poète Térence, qu'il appelle « mestres de tragedes » — et il déclare, ce qui est assez inattendu, que les tragédies sont des façons de chansons de geste — il répète cette indication un peu plus loin 2 , pour cette seule raison évidemment que ces mentions se trouvaient dans les deux chroniques qu'il a utilisées. Et cet exemple n'est pas le seul qu'on puisse citer.

Ce défaut de composition est beaucoup plus sensible dans la seconde rédaction que dans la première. Notre chroniqueur, en effet, s'y est rarement donné la peine de corriger, d'abréger ou de supprimer ; il n'a fait le plus souvent qu'ajouter. En voici un exemple topique. L'insertion dans sa chronique d'un catalogue des papes et d'un catalogue des rois de France aurait du l'amener à remanier son travail. Or, il n'en a rien été : cette addition n'a été la cause d'aucune suppression. Les mêmes personnages figurent nécessairement deux ** fois dans le récit.

La liste que nous avons donnée plus haut, d'après notre chroniqueur lui-même, des additions de la seconde rédaction n'est pas tout-à-fait

!. Spéculum historiale, 1. IV, ch. 2-8, éd. de Douai, 1624, in -fol., p. 87.90. On le retrouve dans le Spéculum doctrinale, 1. IV, ch. 1 14-12 S. Cf. Léopold Hervieux, Les fabulistes latins depuis le siècle d'Auguste jusqu'à la fin du moyen Age : Phèdre et ses anciens imitateurs, t. I (189Î), 2 e éd., p. 434 et suiv. Le nombre des fables de Romulus insérées ainsi par Vincent de Beauvais dans sa compilation est de 19.

a. Fr. 19477, fol. 59 TO et 69 T .

complète ; elle ne comprend que les additions d'une certaine importance. Nous en avons remarqué plusieurs autres ! , mais il serait inutile de les indiquer ici.

Nous nous trouvons donc en présence d'une œuvre qui a été revue et considérablement augmentée. Voyons maintenant s'il est possible de déterminer les dates de sa première composition et de sa révision.

Notre chroniqueur nous fournit lui-même le moyen d'arriver, sur cette double question, à uue précision assez grande. On remarque, en effet, dans sa chronique 3 , le passage suivant : « Le 111 e an de cestui Abdon fu Troye prinze. En celui temps, commencierent li Griiois à noter leurs ans de la prince de Troye, aussi comme nous disons en l'an de l'Incarnation mil CCCXXVI, ainsi dient li Grec l'an après que Troye fu prinze, etc. » L'auteur écrivait donc déjà en i32Ô.

Il ne semble pas qu'on puisse hésiter sur cette date. Elle est fournie, en effet, par les manuscrits les plus anciens, et si elle ne se trouve plus dans les manuscrits les plus récents, c'est qu'elle a été rajeunie par les continuateurs ou les copistes. Trois ont mis i328, un 1 333, • trois 1 338 et un 1477. D'un autre côté plusieurs s'en sont tenus à l'indication du siècle : « mil III e », sans y joindre celle de l'année 3 .

Un autre passage n'est pas moins probant. Voici comment notre chroniqueur établit le compte des années qui se sont écoulées, d'après lui, depuis la conquête de la Grande Bretagne par les Angles 4 : « En celé année — en 1 1 65 ; il vient, en effet, de donner la date de la naissance de Philippe-Auguste — furent acompli vm c et xxx ans que li Anglois vindrent premièrement en Bretaigne la Grant, qui est appelée Angleterre. Et qui y ajoustera clxh ce seront nfiiu" 1 et xn ans au jour d'ui que H Anglois vindrent de Saxonie en Angleterre. » Il place donc l'invasion des Angles, en 335 : 1 i65-83o==335. Nous n'avons, par

1. Fol. 96. Dits du philosophe Second. — Fol. 126-127 et Fr. 693, fol. 96. Détails sur les Lombards, d'après Paul Diacre. — Fol. 98-100. Détails sur sur S t0 Eugénie, qui « vesqui avec les moynes, en habit de moine, » etc., etc.

Page 1