Fol. i3o vo
5. Cf. L. Pannier, La noble maison de Saint-Ouen, Pari», 1872, in-8°, p, 77*
quels ceux-là ont été faits ou que certains de ces manuscrits mêmes ont été écrits à Saint-Denis.
Un autre argument en faveur de cette hypothèse est fourni par l'observation suivante que nous trouvons consignée dans une publication récente 1 . A Saint- Denis, on a constamment donné à Philippe III, Philippe IV, Philippe V et Philippe VI un numéro d'ordre plus élevé d'une unité qu'on ne le fait d'habitude, « parce qu'on comptait comme second de ce nom, Philippe, fils de L'ouis VI, associé à la royauté en 1 129 et mort en 1 1 3 1 avant son père. » Dans cette façon de compter, Philippe III devient Philippe IV et Philippe VI Philippe VII. Or, ce système est celui de notre chroniqueur. Il déclare, dans le second de ses prologues, que le catalogue des rois de France qu'il a inséré dans son texte, va «jusques à Philippe le VII e , filz Charle, comte de Valois 2 » ;et il répète naturellement cette indication, augmentée de celles qui concernent les autres Philippes, dans le catalogue même 3 . Cette constatation est importante. Nous devons reconnaître, toutefois, que ce qui en diminue un peu la valeur c'est que cette numérotation des Philippes se trouve aussi dans la Chronique des rois de France de Bernard Gui 4 et que cette chronique paraît être celle que notre chroniqueur a abrégée et traduite dans son catalogue.
L'incertitude que nous sommes obligé d'avouer, au sujet de la position sociale de l'auteur de notre chronique, nous dispenserait d'ajouter que nous ne savons rien de son nom, s'il ne nous paraissait utile de signaler une erreur assez grossière à laquelle la recherche de ce nom a donné lieu. Un ancien possesseur du manuscrit français 24910, qui est un manuscrit de la première rédaction, a mis, en tête du volume, la note suivante : « Les chroniques d'un historien nommé Haber... » Comme cet ancien possesseur, qu'il est préférable de ne pas connaître, a eu soin de marquer l'endroit où il a trouvé ce nom d'Haber, sa trouvaille peut être facilement contrôlée. Or, elle est le résultat d'une lourde faute de lecture. Le copiste ayant dans sa transcription du titre : « Ci commancent les coroniques habergiés dou commencemant dou monde... » coupé en deux le mot « haber || giés », les cinq lettres « haber » s'étalent à la fin d'une ligne comme un nom propre, pour le lecteur ignorant ou peu attentif. Nous ne nous serions pas arrêté à cette erreur si elle n'était passée, au XVIII e siècle, sur le dos de la reliure en maroquin rouge, aux armes de France, dont ce volume
1. Cf. H. Moranvillé , Chronographia regum Francorum, t. 1 (1891), p. 1 (note). 3. Ms. fr. 19477, fol. 32.