‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 41 sur 326 · Jordanès, Gel · texte numérisé non relu

Jordanès, Gel

indication précieuse que fournit Isidore 1 , et qui permet de regarder ces campagnes en Espagne, comme postérieures de très peu à la déposition d'Augustule. Le résultat de ces guerres fut de mettre au pouvoir des Wisigoths, déjà maîtres de Barcelone et du sud de l'Espagne, la plus grande partie de la Péninsule. L'expression de Jordanès : totas Hispanias 2 , est sans doute une exagération, car, à la mort d'Eu rie, les Suèves possédaient encore de vastes territoires en Galice et en Lusitanie 3 .

Dans la Gaule Méridionale, Euric devint le maître de la Provence. La prise d'Arles et de Marseille est mentionnée par Jordanès 4 et par Isidore de Séville 5 . Mais la date de ces événements est très controversée. Dom Vaissete et Tillemont les placent en 480 6 . Dahn met la prise d'Arles en 480 et celle de Marseille en 481 7 . D'autres, au contraire, admettent deux conquêtes de ces villes: l'une en 470, l'autre en 480. L'origine de ces opinions contraires est le commentaire de Jordanès, qui explique l'occupation d'Arles et de Marseille, par une alliance conclue entre les Wisigoths et les Vandales et que les historiens ont à leur tour cherché peut-être inutilement à justifier. L'erreur de cet historien est évidente ; en 475, la paix avait été conclue entre Zenon et les Vandales par l'intermédiaire de Sévère : Genséric se tenait en repos 8 . En outre, l'ambassade des évêques en 474 montre qu'à cette époque Arles et Marseille appartenaient encore à l'empire 9 . L'occupation de ces deux villes doit donc être postérieure à 475. La date de 476 donnée par le continuateur de Prosper pour la prise d'Arles est plus vraisemblable. Il semble en effet fort naturel que le premier souci d' Euric, après la disparition de l'empire d'Occident ait été de s'emparer d'une place qui avait toujours fait l'objet des convoitises wisigothiques, et qui, au v e siècle, pouvait passer pour une des capitales de la Gaule romaine. Quant à Marseille, il est impossible de fixer l'époque à laquelle elle tomba sous la domination de ces Barbares.

La Provence tout entière finit par être incorporée au royaume wisigothique à la suite d'une entente entre Odoacre et Euric. Selon

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