‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 44 sur 326 · Isid., De reg. Goth · texte numérisé non relu

Isid., De reg. Goth

4 i GEORGES YVER.

ricains étaient encore indépendants '. Les Wisigoths occupaient la ville de Tours 2 . Leur frontière s'écartait ensuite du fleuve, de façon à laisser un vaste territoire au sud d'Orléans, la suivait jusqu'au confluent de l'Allier, et courait ensuite entre ces deux rivières. Au sud des sources de la Loire, elle enfermait le Velay, le Gévaudan, le Vivarais 3 , atteignait le Rhône vers le confluent de la Drôme et en longeait la rive gauche, jusqu'à la Durance. Elle remontait ensuite cette rivière, rejoignait les contreforts des Alpes et enfin les Alpes maritimes. En Espagne, les possessions des Wisigoths embrassaient toute la Péninsule, moins une partie du Portugal actuel (entre le Minho et le Tage) occupée par les Suèves.

Nous ne voulons pas étendre à d'autres problèmes l'étude que nous nous étions proposée de la constitution d'un royaume wisigothique indépendant, au temps et par les soins d'Euric. L'un de ces problèmes est de savoir si le fondateur a eu, en administrant le royaume qu'il avait établi sur les ruines de l'unité romaine, l'intention de lui donner une sorte d'unité morale nouvelle, capable d'en assurer la durée. Des textes contemporains 4 représentent Euric comme le premier souverain des Wisigoths qui aurait songé à publier des lois écrites. Nous n'entrerons pas dans la discussion de ces textes, ni de ce problème : elle se rattache à l'examen d'une question trop importante pour ne pas faire l'objet d'une étude particulière, celle des rapports juridiques entre le peuple wisigoth en particulier, les Barbares en général, et les Gallo-Romains.

Mais quand on voit que vingt-cinq années seulement séparent la mort d'Euric et son œuvre, de l'expulsion presque totale des Wisigoths de la Gaule, on est amené à rechercher la raison de cette décadence si rapide, et on la trouve dans la religion qu'ils professaient : l'arianisme. Elle mettait les Wisigoths, en effet, en opposition avec les catholiques qui peuplaient les régions soumises à leur domination, et cette différence de croyance fut la cause principale de la substitution du royaume franc à la puissance wisigothique. On ne saurait donc négliger les relations de ce prince avec les catholiques.

i. Procope, De bello Go th., I, la.

a. Grég. 4e Tours, Hist. Fr. t II , a 6.

3. Paradis, Inscript, chrtt. du Vivarais. Bibl. de l'École des Chartes, !• série, t. IV (i 85 a- 53), p. 5 9 a.

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