Edit. de Glycérius (ap. Lœhning
Rions, près Bordeaux, citée par Grégoire de Tours 1 , a été révoquée en doute. L'exil de Crocus, de Faustus de Riez, de Faustus de Tarbes, la mort de Galactorius, ne sont rapportés que dans des œuvres hagiographiques, dont le caractère même doit nous mettre en défiance. Ainsi la persécution d'Euric nous paraît avoir été fort exagérée par les écrivains qui nous la font connaître.
Elle semble, de plus, n'avoir eu jamais qu'un caractère local. En plein territoire wisigothique, au plus fort de cette soi-disant persécution, des églises sont bâties et consacrées à Rodez, par exemple 2 . Dans les pays déjà soumis à Euric, la persécution est si peu sérieuse que les élections épiscopales s'accomplissent sans encombre : telle l'élection de Simplicius à Bourges (472) 3 . Enfin, la situation des circonscriptions épiscopales citées par Sidoine montre que, si dans quelques-unes, les malheurs de l'Eglise ne peuvent s'expliquer que par les dispositions malveillantes du roi, le plus souvent, ils proviennent de la guerre et des désordres qu'en ces temps barbares, la guerre entraîne toujours avec elle.
Ajoutons, enfin, que cette persécution fut loin de s'étendre à toute la durée du règne. Elle se produisit à un moment donné, au temps du conflit entre Euric et l'empire romain : elle cessa avec la lutte. Après 475, les violences prennent fin. Sidoine est bien emprisonné à Livia, mais sa détention est de courte durée. A la prière de Léon, le roi lui fait grâce et le reçoit à Bordeaux en 477 4 . Les provinces conquises par Euric conservent toujours le libre exercice du catholicisme, sans que nous sachions au juste si cette clause a été ou non insérée dans le traité négocié par Epiphane. Le gouverneur d'Auvergne, Victorius, est catholique et fait ostensiblement profession de catholicisme. Il bâtit une église à Saint-Germain-Lambron, une autre à Saint-Laurent; il décore la basilique de Saint-Julien 5 , se charge des obsèques de l'abbé Abraham 6 , vit dans la familiarité de Sidoine 7 et d'Appollinaris, son fils : autant de faits qui ne permettent pas d'admettre une persécution systématique des catholiques pendant les dernières années du règne d'Euric. Si des violences, cependant, ont pu se produire, elles ont été inspirées par des considérations politiques plus que par le fanatisme religieux.